Étiquette : entrepreneuriat

Rédiger ! Rédiger son projet !

Entreprendre

Rédiger ! Rédiger son projet !

Choisissez la manière qui vous conviendra le plus, mais rédigez ! Sur l’ordinateur, sur des feuilles, sur un carnet qui vous suivra partout … A chacun sa technique, mais surtout n’oubliez pas de poser des mots.

Structurer ses pensées et son projet

Je repense souvent à ce professeur d’allemand qui a miné une partie de mes heures de langue au collège avec son esprit fermé et ses radotages que toute la classe a supporté. Mais s’il est une expression qu’il avait l’habitude de nous sortir à chaque fois que nous butions des mots lors de nos prises de parole, c’est « ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément ».

Justement, pour bien concevoir les choses, il est utile de les marquer par écrit, de les retravailler (vous me voyez venir avec la notion de pitch ?) pour être ensuite capable de les exprimer clairement à vos interlocuteurs.

Et puis, pour tous ceux qui n’ont encore pas les idées claires ou qui ont 10 idées à la minute, c’est aussi un moyen de se décharger de toutes ces pensées pour avancer, les mettre dans des cases où elles iraient bien … Communication, graphisme, administratif, compta … Il y en a pour tous les goûts !

Avoir une base pour construire

Si je conseille vraiment d’écrire, c’est parce que garder les traces de sa réflexion peuvent aider en cas de doute ou d’appréciation sur un sujet précis.
C’est de ce document que tout va partir, tout va se construire.

Et puis, voir son évolution sur quelques mois est aussi primordial car il permet de se donner un coup de fouet quand il y en a besoin. De se redonner des objectifs si les choses piétinent.

C’est une fondation, et comme pour toutes les fondations solides, le qui, le quoi, le pourquoi et le comment sont des questions auxquelles il faut répondre !

La rédaction de mon projet, pour inspiration …

Pour rentrer dans le détail de ce document que je trouve fondateur, j’ai choisi de partir de ma propre expérience, afin de vous donner quelques éléments qui je l’espère vous simplifieront le travail sur votre propre projet.
Ce projet très détaillé n’est donc pas à mettre dans toutes les mains, mais plutôt à garder pour vous ou pour vos très proches. Pour vos autres interlocuteurs, vous pouvez concocter un autre document. Petit bonus à la fin de cet article !

Mon projet étant un projet artisanal de vente de produits et de prestations, il est donc à modifier et à adapter à vos projets.

Voici les parties que contient le document fondateur de mon projet :

-Moi, mon idée, mon projet : parler du porteur de projet, de son parcours, les réflexions menées et les objectifs qui en ont découlé, l’envie d’incarner des valeurs, m’angle choisi pour le projet, les activités de l’atelier, les matières travaillées, le positionnement marketing

-Ensuite, dérouler ses valeurs essentielles, l’objectif immédiat du projet (dans mon cas l’idée a été de créer une marque)

-J’ai ensuite parlé de l’identité visuelle de la marque

-Le site web (des détails sur sa conception)

-Le marketing

-Ensuite j’ai déroulé les différents champs de mon activité avec mes inspirations, les produits envisagés,

– Les fournisseurs

-Chiffrage et besoins en matos

-Les concurrents

-Le pitch du projet

-Communiqué de presse ou présentation du projet

Comme vous avez pu le voir, ce document a été pour moi un document fourre-tout détaillé au maximum de mes idées et de mes recherches au tout début de la création du projet.
J’ai bien sûr depuis revu toutes les rubriques plus en détail mais au moins dès le départ, j’ai fait un gros travail de structuration de mes idées.

Bonus : le document « recap’ »

A côté de ce document fondateur dont je viens de vous parler, j’ai aussi pris le temps de faire un document « recap » que j’ai pu envoyer à des personnes sollicitées pour m’aider sur tel ou tel point. C’est grâce à ce document que j’ai réussi à ouvrir des portes parfois fermées, rencontré des personnes diverses qui ont pu me donner des conseils ou m’aider concrètement.
Le but était à la fois de me présenter, mon parcours, puis mon projet. Le tout expliqué de manière claire et dynamique, car on n’attire pas de l’aide en faisant pitié !
Même quand on va chercher de l’aide un peu en désespoir de cause parfois (ce qui demande de l’humilité et peut parfois faire peur), on doit être enthousiaste !

Entreprendre : par où commencer ?

Entreprendre

Entreprendre : par où commencer ?

Bon ça y est, je lance mon projet. J’en parle autour de moi avec des retombées plus ou moins agréables (lien article tu es devenue cinglée).

La page est blanche qui ne demande qu’à être griffonnée, tout est possible mais rien n’est fait. Toutes les idées se mélangent, la liste des choses à faire se remplit à vue d’œil à chaque « tempête de cerveau » (ou brainstorming) et la paralysie peut guetter.

Je pars ici encore, comme pour tous les articles de ce blog et à fortiori de cette rubrique, de ce que je connais, de ce que j’ai vécu. Je parle donc plus particulièrement à ceux qui ont le plus besoin de soutien, ceux qui entreprennent seuls.

Tout est à faire, que faire ?

Se détendre

Garder son calme et son énergie pour mener la course de fond qu’est l’entrepreneuriat sont indispensables.
A chaque moment de doute, se poser la question du « pourquoi » est la priorité.
C’est la ou les réponse(s) à cette interrogation qui seront vos moteurs. Car au fond, il n’y a pas de fumée sans feu. Alors, retrouvez ce feu !

Prendre le temps de réfléchir

Et puis vient le temps de la réflexion sur tous les sujets. Car un projet entrepreneurial englobe tout, la vie professionnelle comme la vie personnelle. Et des sacrifices, il va sûrement falloir en faire un peu plus qu’ailleurs. Au début tout du moins.
Comment faire ? Quoi faire ? Dans quel ordre ?
C’est justement là que les choses sérieuses commencent.

Débroussailler les idées …

Il faut débroussailler, débroussailler encore, pour mettre en place un plan d’action.
Des actions à réaliser sur de petites échéances pour commencer ; pour mélanger le « réfléchir » avec « l’agir ».
Selon vos préférences, il faut écrire sur des notes, sur des documents word ou sur des feuilles en papier. Faire des parties, des sous-parties. Ou alors noter tout en vrac et ranger après.

Pour ma part, j’ai commencé à rédiger un document de base de mon projet.

Qui suis-je ? Quel est mon projet ? Le nom de celui-ci ? Sa forme juridique ? Quelles valeurs je vais mettre dans ce dernier ? Quels seront mes produits ou mes prestations ? Mes fournisseurs ? Mon marketing, ma communication ?
J’ai en parallèle pris des feuilles blanches pour travailler sur chaque produit ou prestation, en notant toutes mes idées. Et en commençant à noter tout un tas d’informations au hasard qui me venaient en tête.
J’ai ensuite sur une feuille fait un plan d’action à 1 semaine, 2 semaines, 3 semaines, 1 mois etc.
Petit à petit, j’ai donc construit mon projet en revenant ajouter des informations dès que possible.

Ma to-do liste s’est complétée aussi et j’ai commencé par agir.

Quoi qu’il en soit, écrire permet de poser pour laisser reposer, et pour avancer, donc. Si vous n’en avez pas l’habitude, essayez, vous verrez que la méthode porte ses fruits ! Et fait avancer !

… Et ne pas se limiter

Surtout, l’idée est de noter tout ce qui nous passe par la tête. Sans limitation, au contraire, laisser libre court à l’imagination … C’est en rêvant haut que l’on atteint les sommets !

Souvent, quand on commence une telle aventure on est focalisé sur la tâche immense qu’il reste à faire. Ce qui peut faire peur.
Mais au contraire, mieux vaut tout noter, pour voir petit à petit les choses de manière plus réalistes. Un projet n’est pas tout beau directement, il est le fruit d’essais, d’échecs, de compétences, d’expérience.

Je garde précieusement mes premières pages griffonnées anarchiquement ou mes documents informatiques où les infos se recoupent et se mélangent !

Parfois je les ouvre et je mesure le chemin parcouru !

Faire un point sur soi

Tout cela permet aussi de faire un point sur soi.
Quelle est ma situation professionnelle ? A court terme, à plus long terme comment je vois cela ?
Quelles sont mes compétences pour monter mon projet ? Où sont mes failles ? Ai-je besoin d’aide ? De quel type de personnes ? Ai-je déjà des contacts ou non ?
Quelles sont mes forces ? Mes faiblesses ? Comment puis-je les mettre en valeur ou les combler ?

Agir

En fonction des éléments rassemblés suite aux différentes étapes évoquées tout au long de l’article, vous avez des éléments pour agir.
Faites au plus pressé, au plus facile aussi et entrer dans le dur petit à petit.
Parlez avec d’autres qui vous ont précédés dès que vous le pouvez, glanez des conseils, des avis.
Et puis, pensez administratif rapidement, car tout n’est pas si simple et prend du temps.

Le côté financier est aussi une vaste question mais à mon avis, elle vient après les étapes décrites plus haut. Rêvez pour l’instant ! Rêvez !

 

Tu es devenue cinglé(e) ?

Entreprendre

Tu es devenue cinglé(e) ?

Ça y est, les gros verrous ont sauté (Si vous souhaitez découvrir les miens, c’est ici !). La décision est prise, je me lance pour de vrai dans la construction de mon projet. J’ai la boule au ventre et en même temps je suis heureuse.

J’ai quand même passé en début de mois 3 entretiens pour un poste en CDD dans une grande maison d’édition. Une façon pour moi de satisfaire mes parents qui souhaitent que je travaille comme tout le(ur) monde dans une boîte ? Sûrement ! Mais aussi une manière de me prouver que si je veux un poste je peux l’avoir, et que mon projet est un vrai choix, résultant d’une vraie vision et pas une situation par défaut.

Enfin, vous me direz, monter une boîte quand on n’est pas trop sûr de le vouloir, ça ne dure qu’un mois ! Une vraie course de fond, ça ne se prend pas à la légère !

Revenons à nos moutons ! J’ai donc vu mon éventuel N+1, mon éventuel N+2 et enfin une RH du groupe. Comme ils cherchaient le mouton à 5 pattes pour un temps déterminé, en le payant très mal, j’ai refusé. Je vous en parlais dans un article #ConfessionsIntimes ici même d’ailleurs.

Tout le monde m’a prise pour une cinglée, mais moi au fond j’étais libérée. Une « chômeuse » qui refuse un poste ????

Ou juste une fille qui a envie de croire en ses capacités, et qui va se bouger pour faire devenir son projet réalité. Alors, j’ai annoncé à tous ceux que je croisais que « je me lançais ». Mon égo était regonflé de ces entretiens intéressants qui avaient su mettre en valeur mon parcours atypique.

Et là, j’ai rencontré plusieurs espèces de personnes !

Les « emballés »

Ce type de personne est celui qui fait un bien fou ! C’est eux qu’il faudra aller solliciter pour une écoute bienveillante au moment des doutes, mais aussi des grandes joies. Pour se réjouir ensemble !

Ils y croient, ils sont à fond, c’est génial !

Les « heureux pour toi »

Il y a ceux qui ne s’imagineraient jamais à notre place mais qui ont envie de comprendre et qui nous font confiance. Sans être complètement emballés, ils savent se réjouir de la joie de nous lancer que nous essayons de leur communiquer.

Les « interrogatifs »

Ces derniers essayent de comprendre mais ils ont plein de questions. Au fond, ils doutent du projet. Par leurs questions, nous pouvons les remercier car ils nous mettent à l’épreuve. Gare au pitch pas préparé, leur sentence pourrait nous faire du mal.

Ils penchent plutôt pour le non, sans vouloir non plus nous accabler. Peut-être que la suite du projet les fera changer d’avis ?

Les « j’ai peur pour toi »

Cette catégorie de personne est celle qui à priori fait le plus de mal pour la confiance en soi. On les sent à côté de la plaque, enfin, à côté de notre plaque. Plutôt fermés bien souvent, sans réelle volonté de comprendre ce qui se passe en nous pour que nous nous lancions.
Il faut se parer d’un beau bouclier pour ne pas prendre en pleine face leurs remarques qui nous feraient bien trop de mal émotionnellement.

Il est judicieux à mon avis de ne pas trop fréquenter ce genre de personnes en phase de lancement de l’activité. Leurs paroles ne font pas avancer les choses, contrairement aux interrogatifs, et fait même naître une culpabilisation inutile.

 

Je remercie pour ma part chacun des types de personne que j’ai rencontrées, car la plupart m’ont permis d’avancer. D’aller plus loin ou de me muscler !

Ce que j’aimerais vous dire, c’est de ne pas vous arrêter devant les réactions qui vous font mal. Certains ne vous comprendront jamais car ils n’ont pas la volonté ou tout simplement que leur schémas de pensée ou de vie est si éloigné du vôtre qu’ils n’arrivent pas à se mettre à votre place pour vous comprendre. Ils pourraient au moins se réjouir pour vous et vous faire confiance, mais ça c’est encore une autre histoire.

 Alors, nourrissez-vous des remarques, des discussions de ceux qui vous veulent du bien et qui vous aiment réellement. Vous ne pensez pas ?

 

Leur soutien sera un précieux allié et leurs oreilles de douces compagnes !

Marion Clément revisite des savoirs-faire d’antan, chapeau !

Créateurs Les faiseurs

Marion Clément revisite des savoirs-faire d’antan, chapeau !

Lorsque j’ai rencontré la bande de Wefly drone dont je vous ai parlé récemment, Corentin, un des membres de l’équipe m’a parlé d’un groupe de jeunes qu’il avait croisé la veille sur le parvis de Fourvière. Ces derniers tournaient des images afin de monter un film retraçant les rencontres faites sur leur route. Un périple à la Trotte cocotte, mais en vidéo (et pas exactement pareil non plus !).

Bref, en allant regarder leur page Facebook, j’ai pu lire un commentaire de Marion Clément, une chapelière-modiste, qui les invitait à passer à Saint-Etienne pour visiter son atelier. Ni une ni deux, je lui ai envoyé un message en lui expliquant que je serais ravie de passer à l’atelier pour la rencontrer. Nous avons réussi à faire concorder nos emplois du temps et me voilà partie à la rencontre de Marion la semaine d’après …

– – – –

En ce jeudi 20 juillet, j’arrive de Lyon en fin de matinée. Pour tout vous dire, je suis un peu déboussolée par mon arrivée en gare de Saint-Etienne Chateaucreux car le quartier est tout en travaux et vide. Je pars donc un peu à l’aventure dans les rues de la ville quand je passe devant un restaurant dont je sens la patte d’une nana qui a de la personnalité et du goût. Je déjeune donc au « Mal assis », un restaurant tenu par Camille depuis 2 ans. Nous finissons par parler. Je la remercie pour son accueil, notre discussion et son aide pour m’aider à me repérer.

Je décide ensuite de flâner dans les vieilles rues de la ville avant de chercher l’atelier de Marion.

Je l’aperçois ! Quand j’arrive, je suis époustouflée par la décoration des lieux dans un quartier qui -pour ce que j’en ai vu-, ne paye pas de mine. L’endroit est bien aménagé, sobre et classe tout en restant chaleureux.

Marion s’est en fait installée avec une artiste ! Une illustratrice à l’univers doux et poétique. Alliage réussi.

[A peine arrivée, je pose mon sac, elle me propose un thé avec un peu de citron. Je mets mon téléphone en charge pendant qu’elle s’allume une cigarette et, au son des chansons françaises qui défilent sur son mac, nous décidons de parler « à la cool », en nous tutoyant.]

– – – –

La rencontre

TC : Marion, tu es chapellière-modiste. Cela signifie quoi exactement ?

M. : Le savoir-faire du chapelier est à la base, le fait de produire des chapeaux en série et dans une usine. Le métier de modiste quant à lui s’adresse plus aux femmes. Il fait appel au sur-mesure et à l’adaptation aux formes de la tête et du visage.

« C’est un métier d’homme à la base. Quand on travaille le feutre, il est humide et très chaud. Il faut le tirer très fort sur le moule. »

TC : Comment le devient-on ?

M. : Mon parcours est un peu atypique puisque je n’ai pas choisi d’être tout de suite chapelière-modiste. J’ai une formation en design produit que j’ai eu envie de compléter par un CAP d’ébénisterie. Je te parlerai de mon parcours personnel plus en détail après si tu le souhaites !

En France, pour devenir chapelier-modiste il faut suivre un CAP. Il n’y en a, si mes souvenirs sont bons, que 2 en France à Paris et Lyon.

TC : Et finalement, toi tu t’es formée à Chazelle-sur-Lyon (entre Lyon et Roanne) et tu as décidé de t’installer à St Etienne …

M. : Oui ! Comme je te le disais tout à l’heure, mon parcours est un peu différent car je n’ai pas suivi le CAP, et que j’ai été vers d’autres voies avant. Je voulais faire quelque chose de mes mains et un jour j’ai vu passer une annonce pour un poste à Chazelle (NDLR : où se trouvent une usine et un musée du chapeau). Pendant 7 ans j’étais employée donc j’encadrais des visites du musée, et en même temps j’ai été formée au métier. J’ai surtout été formée aux techniques de la chapellerie homme et du feutre de poil de lapin. En côtoyant d’autres professionnels j’ai pu affiner ma technique et élargir mes connaissances.

Puis je suis partie avec l’envie de me mettre à mon compte. A St Etienne parce que c’est une ville qui bouge, qui est abordable, où la qualité de vie est bonne. Et nous sommes à 3h de Paris en TGV !

Dans l’atelier de Marion Clément !

TC : Ce n’était pas trop risqué ? Car quand on pense aux produits d’exception, à la mode, on pense à Paris.

M. : Non parce que le monde du chapeau est petit. Le métier est rare, il y a donc une grande solidarité. Il y a des débouchés dans le cinéma, la mode, la vente en atelier, … Au bout de deux ans je travaillais déjà pour la haute-couture.

[Une amie de Marion, anglaise débarquée à St Etienne, rentre dans la boutique accompagnée elle-même par une amie. Nous échangeons toutes les 4 ! La discussion est très chouette. Je découvre des parcours de vie. Des gens qui prennent le temps de voyager, de choisir leur vie avant de subir leurs choix. Pas évident quand l’âge défile mais il y a une vraie cohérence et beaucoup de confiance. Avec Marion, nous reprenons nos discussions après une demie-heure, quelques essayages de chapeaux et une nouvelle cigarette!]

TC : Tu nous montres que Paris n’est pas le centre de la France ! Nous sommes un peu tous déformés à force d’entendre ça … !

M. : On peut être à St Etienne et avoir des clients de Paris et de partout. Le chapeau que je couds devant toi est la commande d’un collectionneur parisien de vieux costumes.

TC : Tu as parlé de haute-couture tout à l’heure. J’ai justement pu lire que tu travaillais avec Jean-Paul Gaultier. Wouahou ! Comment arrive t’on à une telle collaboration ?

M. : J’ai été formée par des professionnels du secteur qui avaient donc un grand réseau. Je suis arrivée pour travailler sur un défilé rapidement. Une belle opportunité et un challenge.

TC : Comment travaille t’on dans ces cas là ?

M. : Je pars pour travailler 15 jours / 3 semaines dans la maison, selon les besoins. C’est comme une petite famille, tout le monde se connaît. Au début j’étais impressionnée mais à force, je ne me rends plus compte, c’est normal de travailler là-bas.

TC : Et tu veux rester à Sainté ? L’atelier tourne ? Ou tes clientes sont surtout sur internet ?

M. : Oui je veux rester à Sainté parce que j’y suis bien. Jusqu’à l’automne 2016 je travaillais sans être au contact des clientes. Et avec Rugiada (une illustratrice avec qui elle a décidé d’ouvrir l’atelier) que j’ai connu à la coopérative à laquelle nous sommes rattachées encore aujourd’hui, nous avions envie d’un lieu pour présenter nos créations et être au contact des clientes.

Depuis 2 mois, j’ai aussi un site (NDLR: lien en bas de l’article) pour que les clientes qui ne peuvent pas passer à l’atelier puissent faire des achats ou passer commande facilement ! 

« Je fais comme les paysans, je fais de la vente directe »

L’atelier commence à tourner. Une clientèle de proximité !

Un aperçu des collections 2017 !

TC : Porter un chapeau est une forme d’élégance qui revient ?

M. : Avec un chapeau, il y a un jeu de caché, de voilé. Ça met en valeur le visage quand on trouve la forme qui nous convient.
On peut s’habiller avec des habits très simples et tout de suite ça habille, ça donne de la classe et ça finit la tenue.

« Le chapeau ça fait des vagues, ça revient toujours »

TC : Et au final, comment tu fais tes chapeaux ?

M. : Cela dépend de la matière que j’utilise et de la technique qui va avec. J’apprends surtout en faisant ! (Sourires). Je pars de formes classiques et j’innove plus sur la couleur, la garniture … En fait, je suis obligée de rester classique car sinon cela fait peur !

[Nous finissons notre discussion en parlant de son statut juridique et de tout ce que cela entraîne. Elle est auto-entrepreneur et voit bien que la précarité qu’il fait naître. Nous savons que nous aurons sûrement plus de mal que nos parents pour vivre et que certains acquis vont disparaître faute de moyens.]

Pour être tenu au courant des actualités de l’atelier :

Le site 

La page Facebook 

Le compte Instagram

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Je remercie Marion pour sa capacité à m’avoir dit de passer à l’atelier dès que je l’ai contactée !

Elle a su me faire goûter à ce qui lui plaît dans son métier et à sa manière de travailler. L’atelier est un petit endroit tout joli dans une rue « banale ». Avec Rugiada, elles la dynamisent et participent au mouvement entrepreneurial que j’ai pu voir à Saint-Etienne à travers les rues !

Je sens bien que tout n’est pas rose car choisir un métier rare n’est pas forcément évident. Mais elle innove pour que des savoirs-faire d’antan puissent servir la mode d’aujourd’hui ! Merci !

Wefly drone : le souci du beau dans l’audiovisuel.

Les faiseurs

Wefly drone : le souci du beau dans l’audiovisuel.

Après ma halte en Bourgogne, j’ai rallié Lyon afin de passer entre autres, une journée en compagnie de l’équipe de Wefly drone, une entreprise de production audiovisuelle.

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Un drone en vol (Crédit photo : Wefly drone)

Je devais initialement participer à une journée de tournage mais le temps en a décidé autrement.

Rendez-vous est donc pris au sein de l’agence, en pleine campagne du « Beaujolais des pierres dorées ».

L’ambiance WeFly drone

Chez Wefly drone, l’ambiance est cadrée mais décontractée. Louis-Frédéric et Corentin travaillent chacun sur leur PC dans la même pièce. Aude, est également de la partie la plupart du temps mais quand j’arrive, elle est en vacances.

La communication, c’est leur truc ! Chacun a ses missions mais le dialogue et la réflexion font partie intégrante de leur manière d’envisager les choses.

Comme sur leur logo, quand l’un à « la bonne idée », l’ampoule s’allume, prête à éclairer le projet !

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Car oui, la lumière est au cœur. Au cœur des prises de vue qui peuvent durer si longtemps pour si peu de secondes … Sur un tournage, l’équipe de Wefly peut effectuer jusqu’à 1 heure de prise de vue pour ne garder que 2 secondes d’images.

 

Et puis il faut aussi gérer l’écriture des scénarios. Louis-Frédéric me le répétera plusieurs fois au cours de la journée, un film qui est réussi, c’est un film qui est écrit, ça c’est certain !

« Un film qui est réussi, c’est un film qui est écrit, ça c’est certain ! »

Interpellée par la minutie et le professionnalisme avec lequel Corentin et Louis-Frédéric envisagent chaque tournage, j’ai envie de rentrer dans les détails. Place aux détails, donc ! 

Les étapes de création d’un film

Ils m’expliquent en les illustrant, chaque phase d’élaboration d’une vidéo. Que celle-ci ait une visée « corporate », de présentation d’une marque, d’un produit ou d’un service ou enfin événementielle.

[Un exemple de video evenementielle]

[Un exemple de video realisee pour une ville]

Tout d’abord, il faut aller à la rencontre du client afin de saisir ce qu’il souhaite faire passer comme message et récupérer ses exigences. Vient tout de suite après, l’écriture de scénarios à partir duquel le tournage est bâti. Plusieurs scénarios sont proposés au client. C’est maintenant l’heure de travailler le montage des prises de vue.

Le film est ensuite présenté au client puis finalisé.

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Ce qu’on appelle, se « mouiller en tournage » !

Pour Louis-Frédéric, la partie la plus plaisante est le tournage. Ecrire un scénario, tourner des images pour faire rêver et pour donner envie. Il faut trouver la bonne musique, les bonnes idées !

« Faire rêver, un peu un métier de gosse professionnalisé »

Une aventure entrepreneuriale

L’aventure entrepreneuriale Wefly entre dans sa 4ème année. C’est un succès pour Louis-Frédéric qui s’est lancé sans compter ses heures, dans la production audiovisuelle !

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Une photo avec une partie de l’équipe, pour immortaliser mon passage !

Lui qui a toujours rêvé de créer sa boîte parce qu’il déteste faire toujours la même chose, est servi. Il enchaîne démarchage, tournage, montage, présentation, rendez-vous, et bien d’autres choses.

Quand on sait que Wefly est né d’une discussion sur les drones avec l’un de ses frères, on mesure le chemin parcouru. Il est alors tout jeune et vient de finir ses études « ultra larges » en école de commerce. Travaillant depuis peu dans le secteur de la grande distribution avec l’envie de racheter un commerce en franchise, Louis-Frédéric est loin d’imaginer que peu de temps après il passera ses soirées à se former dans le domaine du drone et de l’audiovisuel tout en commençant à rêver un projet concret d’entreprise. 

« Je n’y connaissais rien, c’est ça qui est dingue »

Ayant acquis assez de connaissances et de confiance, il se met à démarcher des clients. Les difficultés arrivent tout comme les portes dans le nez. Mais il continue.

Pendant 1 an Louis-Frédéric ne s’est pas rémunéré. « Il faut aimer bosser », car tout ne coule pas de source. C’est sa femme qui l’a aidé car elle « y croyait » quand personne autour de lui ne suivait. Il essuyait des refus, des promesses, et puis …  « Aujourd’hui, le bouche à oreille c’est 100% de WeFly ! »

Même si rien n’est jamais vraiment acquis, les projets vont bon train et nous retrouverons peut-être un jour le nom de Louis-Frédéric en haut de l’affiche. C’est tout le mal que je lui souhaite … !

« Tu crées une entreprise car tu as soif de liberté et parce que c’est très épanouissant pour un homme. Enfin, si ça marche, c’est très épanouissant ! »

Pour découvrir et suivre le projet, vous avez plusieurs possibilités :

Le Site

La page Facebook

Le compte Instagram

Avec l’équipe de Wefly, j’ai pu saisir au plus près, la notion du beau dans l’image audiovisuelle. J’ai vu des gens pour qui leur métier est une passion, qui ne comptent donc pas leurs heures pour satisfaire des clients de tous horizons.
On sent une réelle exigence dans le travail accompli. La volonté de se remettre en question, de suivre les évolutions technologiques, de se former sont autant de marqueurs de cela. La « patte » Wefly est à l’image de leurs valeurs et personnalités : carrées mais pas cassantes, fermes mais agréables …
Je leur souhaite une belle continuation et toujours plus de belles images à tourner, sans oublier de nous les partager !