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5 idées reçues sur internet et la création d’entreprise en 2018

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5 idées reçues sur internet et la création d’entreprise en 2018

Internet est incontournable dans nos vies, de plus en plus. Petit à petit depuis grosso modo une vingtaine d’années, les entreprises ainsi que les administrations transforment leurs services et leurs méthodes de travail afin d’être accessibles depuis la toile.

Sans faire un pas (même pas jusqu’à la boîte aux lettres) et sans sortir sa belle plume de son étui (le clavier c’est plus rapide), il est désormais possible de faire des demandes aux administrations notamment, de télécharger des documents ou même de renvoyer les pièces relatives à son dossier.

« Internet, c’est formidable, on a accès à tout en quelques clics » disent nos mamies chamboulées par leurs premiers pas sur la toile. Mais nous, qui vivons avec un ordinateur à proximité ou qui passons le plus clair de nos journées devant, avons peut-être une autre vision des choses.

Et si tout n’était pas si facile, même avec internet ! 5 idées reçues sur ce formidable outil, qui ne rend pas toujours service à nos entreprises.

« Avec internet, c’est formidable on a accès à tout »

Oui. Sauf que, l’on a accès à tout et n’importe quoi, et surtout n’importe quoi.

Sur internet, tout le monde y va de son petit conseil. C’est génial car ça donne du recul, venant de plusieurs personnes différentes dont on n’aurait peut-être jamais entendu l’expérience si on n’avait pas été surfé sur le net.

Mais le revers de la médaille, c’est que l’on a accès à n’importe quoi. Pourquoi ?

Parce que, quoi qu’on en dise, monter sa boîte, même une micro-entreprise nécessite des connaissances que l’on n’a pas forcément tous à la base. Selon nos parcours, nous nagerons plus ou moins dans la semoule mais nous nagerons quand même un peu.
De plus, les lois fiscales mais pas que, évoluent tellement et tellement vite, qu’il n’est pas toujours possible de tomber sur les nouvelles fraîches.

Et puis, les comptes que nous avons en ligne ne nous permettent pas toujours de comprendre les courriers reçus, les décisions prises …

Les sites qui ne sont pas mis à jour

J’ai été frappée plusieurs fois de voir des sites internets qui n’étaient pas mis à jour. Un exemple m’a frappée car j’étais alors un peu perdue et j’essayais de me raccrocher à un organisme pour essayer de mieux maîtriser certains aspects de mon projet. Je cherchais à faire un transfert d’activité de Paris à la Savoie et souhaitais m’inscrire au répertoire des métiers de la Chambre de métiers. J’espérais aussi secrètement que la CMA de la Savoie proposait des accompagnements pour les jeunes créateurs comme j’avais vu cela à Paris.
Chouette, une formation ! J’appelle au numéro indiqué pour prendre des renseignements et une dame pas très bien lunée me répond « Comment avez-vous connu cette formation ? Elle n’existe plus ! ». J’aurais presque eu envie de m’excuser d’avoir vu cette formation sur le site de la Chambre de métiers mais j’ai préféré la remercier sobrement de ces informations, tout en lui souhaitant une belle journée.

Aussi fou que cela puisse paraître, cet exemple n’est pas un cas isolé. Rageant !

Les informations contradictoires

 Quand vous cherchez une information, dites-vous que le mieux est d’essayer de vous faire confirmer l’info par plusieurs acteurs.

Le centre des impôts qui ne sait pas me répondre puis quand je rappelle qui me dit « non ce n’est pas nous qui traitons cela ! », la dame de la CMA au bout du téléphone qui va demander à ses collègues l’information en me disant qu’elle pense comme moi que ma demande est à adresser au centre des impôts. Et puis la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) qui me dit que la demande est à leur adresser.

Alors, qui a tort, qui a raison ?  Vérifiez si vous pouvez !

Tout s’accélère, l’administration ne suit plus

Avec internet, envoyer un « papelard » est facile. Alors on envoie, on répond aux mails, on cherche encore, on scanne à nouveau, on renvoie. Et surtout on se dit « Chouette, dans une semaine c’est bon, c’est traité ! ».

Mais en fait, ceux qui traitent les papiers au sein des administrations ou des organismes auxquels nous sommes rattachés ne sont pas plus nombreux.
Certes, l’informatique leur permet de recevoir plus facilement une information qui par ailleurs est dématérialisée. Mais ça s’arrête là.

Le temps de traitement n’est pas toujours allégé par l’informatique, car un humain reste un humain.

Internet ça tue les relations humaines

J’entends souvent parler de la solitude de l’entrepreneur. Et pour cause, si l’on passe notre vie à envoyer des mails, à nous connecter sur des plateformes, à certifier que nous ne sommes pas des robots, à attendre des réponses souvent à côté de la plaque, à renvoyer un mail pour essayer de comprendre … Une bonne conversation de 5 minutes aurait parfois réglé l’affaire bien plus vite. A condition bien sûr de tomber sur autre chose qu’une porte de prison, mais bien une personne serviable et gentille, qui souhaite aider gentiment une nana enjouée à l’autre bout du téléphone.

Courage, on arrive à bout de ces tracas !

Se muscler avant d’entamer la bataille de l’administratif

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Se muscler avant d’entamer la bataille de l’administratif

Je l’ai beaucoup entendu, cette phrase prononcée par les français qui se lancent « l’administration, le cauchemar ». Et bien, je peux vous dire que tant qu’on n’a pas testé, on n’en sait rien ! Retour sur : « la bataille de l’administratif » quand on est entrepreneur !

Je n’en étais encore qu’au bégaiement de mon projet entrepreneurial que l’administratif me pompait déjà de l’énergie et beaucoup de temps.

En fait, se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, c’est redevenir la petite fille ou le petit garçon que nous avons été qui attend de ses parents de se faire guider, tout en ayant sacrément envie parfois de faire ce qu’il veut et quand il veut, quitte à désobéir.
Et pour tout ce qui concerne l’administratif, on est souvent contents d’être guidés … Mais en fait, dans la vraie vie de l’entrepreneuriat, ce n’est pas comme ça que ça se passe …

Ambiance

Si j’ai envie de créer ma petite entreprise, comme beaucoup (à en croire ce que j’entends dans la bouche des bébés entrepreneurs ou entrepreneur avec qui je discute), c’est pour imaginer, prendre plaisir à préparer des créations, à me servir de mes compétences et talents ! Bref, faire des trucs sympas tout en ayant une dose de trucs moins sympas à faire, comme pour tout.

Mais en fait, les trucs sympas, ce sera pour après. Oui, après. A la toute fin quoi. Au moment où je serai épuisée d’avoir tant bataillé pour tout, je pourrai me faire enfin plaisir !

Quelle ronchon celle-là pensez-vous peut-être déjà ! Vous avez sûrement (un peu) raison. Mais plongeons-nous un peu plus dans le sujet et musclons-nous (mentalement) avant d’entamer la bataille de l’administratif.

Les batailles à livrer

Avant de rentrer au sur le champ de bataille, l’idéal est de connaître son adversaire … Un vocabulaire volontairement guerrier car c’est souvent comme cela que les gens concernés en parlent. Et l’idée c’est que vous en sortiez indemnes, plutôt qu’estropiés ou carrément HS.

  • La première bataille à livrer va se faire avec votre CFE (Centre de formalités des entreprises) qui sera selon votre activité l’URSSAF, la CCI (Chambre de commerce et d’industrie), la CMA (Chambre de Métiers et de l’Artisanat), le greffe du tribunal de commerce ou la chambre d’agriculture. (Il existe aussi la Chambre nationale de la batellerie artisanale pour les entreprises artisanales de transport fluvial ! – Si un lecteur en est, qu’il me fasse signe !!)
    Selon votre rattachement, vous aurez plus ou moins d’obligations. Si vous êtes artisan, vous devrez effectuer le SPI (Stage de Préparation à l’Installation). Courage pour avoir une place rapidement … Anticipez ! Nous reviendrons sur le SPI dans un article bientôt.
  • Vous devrez en parallèle choisir le statut adapté à votre future activité. Là encore, aurez-vous besoin de rédiger et déposer des statuts ?
  • Et puis, une fois votre entreprise officiellement créée, ce sera à votre tour d’y passer.
    Votre nouvelle sécurité sociale vous contactera ou inversement, vous devrez effectuer vos déclarations de revenus plus ou moins souvent selon votre statut mais renseignez-vous. En micro-entreprise, il est possible de déclarer son chiffre d’affaires tous les trimestres ou tous les mois par exemple. L’idée est de payer les cotisations obligatoires à ce moment là … veillez donc à provisionner.
  • Si vous souhaitez demander l’ACCRE (L’aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise), faites-le dans le mois de votre enregistrement au CFE.
  • Vous pourrez aussi probablement déposer votre nom et votre logo à l’INPI. Le dépôt est censé avoir été simplifié mais de l’aveux de mon avocate, les choses se sont corsées … Gare aux erreurs !
  • Et puis il vous faudra ouvrir un compte. Même en micro-entreprise, un compte dédié à son activité est obligatoire. Compte dédié ne veut pas dire compte professionnel mais les banques surfent sur le flou juridique de la loi pour « vendre » des comptes professionnels à des personnes pour qui un compte « personnel » pourrait largement suffire, surtout au début de leur activité.
  • Enfin, le clou du spectacle pour le Pôle emploi qui ne vous facilitera pas la tâche si vous décidez de créer une entreprise pendant que vous êtes indemnisé.

Relevez les manches, sortez les muscles, ça va chauffer !

Avant que vous ne commenciez, autant que vous vous prépariez dès maintenant à ce qu’il devrait vous arriver.

Vous allez tout d’abord vous battre pour trouver des informations. Enfin ça, c’était avant que je me dise que j’allais essayer par mes articles de livrer mon expérience et le fruit de mes recherches à vous, mes lecteurs !
Par réflexe vous allez aller sur différents sites, différents blogs pour essayer de savoir. Souvent vous allez trouver des informations contradictoires.
N’hésitez pas à vous battre pour trouver un numéro de téléphone et essayer d’avoir quelqu’un.

Le leitmotiv ? Appeler, appeler, appeler. Combien de fois ai-je appelé Pôle emploi au 3949 ? Ca vaut le coup !

Ensuite vous allez vous battre pour être accompagné, avoir des conseils de personnes qui ont des connaissances que vous n’avez pas encore. En période de création, le budget est souvent limité alors n’hésitez pas à fouiller dans les sites de vos CFE, à contacter des associations qui pourraient vous aider (pour les entrepreneurs, pour les femmes entrepreneurs, pour les micro-entrepreneurs, de votre région, département ou ville …).
J’ai pu constater que beaucoup d’acteurs étaient sur le coup pour accompagner. Je vous parlerai de l’ADIE qui m’a aidée si vous le souhaitez.

Il faut aussi mettre sa paire de lunettes pour mieux voir. La curiosité, si l’on dit parfois qu’elle est un vilain défaut sera l’un de vos meilleurs atouts.
Ajoutez à cela le fait d’avoir la bouche et les oreilles grandes ouvertes pour rencontrer, écouter, raconter, partager.
Faites confiance à votre intuition, n’hésitez pas à poser des questions, à remettre en question, à comparer, à faire jouer la concurrence.

Bref, dans les petits coups de mou, je me dis souvent que le chemin de la liberté et de la création sont longs mais qu’ils me permettent de grandir intérieurement beaucoup, de rêver tout en ayant réellement les pieds sur terre dans la boue.

Je vous souhaite vous aussi de persévérer !