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Encadrer la souffrance en période de fêtes.

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Encadrer la souffrance en période de fêtes.

Elle travaille dans une association qui accueille des personnes lourdement handicapées. A l’approche des fêtes de fin d’année, j’ai eu envie d’aller voir Laure, afin qu’elle nous parle de l’ambiance de fêtes dans le lieu de vie qu’elle gère !

« Si l’on pense que l’on est fait que de fragilités, on voit tout en noir, si l’on pense que l’on est fait que de forces, l’on se voile la face. » Un résident

TC : Laure, à l’approche des fêtes de fin d’année, je pense particulièrement (et j’ai surtout envie que nous les évoquions) aux personnes handicapées dont tu t’occupes. Pourrais-tu nous parler de la manière dont vous abordez une telle période dans l’établissement dans lequel tu travailles ?

Laure : Noël est une période  de joie, de retrouvailles familiales …. qui pour certains n’est pas facile. Il y a ceux qui ont la chance de rentrer dans leur famille, ceux qui n’en n’ont plus et ceux dont les familles ne peuvent pas s’occuper d’eux. Alors nous essayons de recréer un univers de fêtes, de favoriser les liens entre nous, de mettre un peu plus de joie dans notre quotidien…

Le temps de l’Avent est un temps propice pour préparer Noel avec de multiples propositions comme le concours de décoration des lieux de vie, le tirage des ChristKind (chacun prend particulièrement soin de quelqu’un), un repas de Noël dans chaque lieu de vie avant le départ de certains en vacances. Et puis nous organisons une belle soirée le 24 décembre pour ceux qui seront présents.

TC : Quelle est la mission que s’est donnée l’association Simon de Cyrène ?

Laure : Avec les progrès de la médecine d’urgence, chaque année, 10 000 personnes survivent à un accident grave de la route, un AVC.. Leur vie bascule du jour au lendemain parfois définitivement dans le handicap lourd. Ces adultes perdent  alors leur emploi, voient leur famille et leurs amis s’éloigner.

Se pose alors cette question: « Quel sens donner à ma vie désormais ? ».

L’association Simon de Cyrène apporte une réponse fondée sur la relation à l’autre. Nous essayons de rompre l’isolement, la solitude de ces personnes très éprouvées en leur proposant une vie fraternelle, dans un lieu de vie adapté à leur handicap tout en leur laissant une certaine autonomie quand même.

TC : Tu côtoies donc tous les jours des personnes qui souffrent dans leur corps mais aussi dans leur âme. Comment peut-on porter un regard plein d’espérance sur la vie malgré tout quand on est malade ? Et quand on est encadrant ?

Laure : A Simon de Cyrène nous essayons de redonner à chacun le goût de vivre. Ils arrivent et sont tellement heureux de partager leur quotidien, de quitter l’isolement et la solitude… Il peut y avoir des rechutes et des ras le bol comme nous en avons tous … Mais ça leur change la vie !

Finalement, c’est nous (les encadrants) qui parfois manquons d’espérance … Et si nous étions comme cela, si cela nous arrivait ? Cela serait insupportable ! Les résidents sont dotés d’une force incroyable pour retrouver ce goût à la vie dont je parlais juste avant : « C’est alors que je suis faible que je suis fort » cela prend tout son sens.

 » C’est alors que je suis faible que je suis fort « 

Le handicap questionne et bouscule ce que nous appelons la normalité. Il ne rentre pas dans son moule et cela nous panique. Nous ne sommes plus en sécurité. Surtout dans une société où la norme sociale pèse si lourdement.
Le handicap  nous renvoie aussi à la fragilité en général et à toutes nos fragilités en particulier. Tout ce qui fait que, au fond, nous sommes tous handicapés, chacun à sa façon, parce que nous avons tous des faiblesses.

Pour terminer je voudrais citer un résident  qui disait une phrase très juste : « Si l’on pense que l’on est fait que de fragilités, l’on voit tout en noir, si l’on pense que l’on est fait que de forces, l’on se voile la face. »

Oui nous sommes tous fragiles mais nous avons tous des talents avons tous une place sur terre.

 » Le handicap  nous renvoie aussi à la fragilité en général et à toutes nos fragilités en particulier. Tout ce qui fait que, au fond, nous sommes tous handicapés, chacun à sa façon, parce que nous avons tous des faiblesses. « 

TC : La joie est essentielle pour dépasser les souffrances. C’est dur de la vivre dans un tel univers ?

Laure : Oui ce n’est pas évident ! Le handicap est d’une grande complexité et crée des situations d’angoisse et de dépression difficiles à vivre. Mais je suis étonnée de leur disposition  à rire, à exprimer leurs émotions !

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TC : Toi qui composes avec la fragilité de la vie, aurais-tu un conseil à donner ou une idée à insuffler aux lecteurs de Trotte cocotte ?

Laure : Nous sommes tous fragiles et nous avons tous besoin les uns des autres. Osons aller vers le plus fragile, osons aller au-delà du handicap.  Les personnes handicapées que j’accompagne me ramènent à l’essentiel. On reçoit une joie de vivre de ces personnes en situation de handicap qui surmontent devant nous leurs faiblesses. Elles osent aller vivre avec d’autres et se montrer. Savoir avancer vers l’autre sans préjugés (car nous sommes tous fragiles) est un beau cadeau que nous pouvons tous leur faire.

N’oublions pas que nous pouvons tous basculer du jour au lendemain dans  le handicap …

Je souhaite de belles fêtes aux résidents de l’association Simon de Cyrène et plus largement à toutes les personnes handicapées que nous connaissons ou que nous ne connaissons pas. Merci Laure pour toute l’énergie et le temps passé à aider ceux qui ont besoin d’assistance. Avec ton équipe, je sais que vous faites au mieux dans un contexte parfois difficile.
Cette trajectoire m’a inspirée une citation tirée d’un poème de Pierre de Ronsard !

Soyons vivant, dès aujourd’hui ! 

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Le parcours inspirant d’Augustin Palluel-Marmont, trublion du goût.

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Le parcours inspirant d’Augustin Palluel-Marmont, trublion du goût.

Il y a quelques jours j’ai eu la chance d’écouter une conférence donnée par Augustin Palluel-Marmont, le joyeux co-fondateur de la marque Michel & Augustin. Le thème de la conférence ? « Oser ».

Si vous ne connaissez pas encore cette marque, franchement, c’est pas du joli ! Heureusement, cet article vous fera plonger dans un univers atypique et vous finirez très vite les babines colorées par une merveilleuse mousse au chocolat concoctée par des passionnés.

Et si vous connaissez déjà cette marque, vous pourrez en apprendre un peu plus sur Augustin, aussi inspirant qu’étonnant.

Michel et Augustin, une pépite à la française

Comme nous l’a raconté Augustin pendant qu’il retraçait son parcours de vie, Michel & Augustin a commencé dans sa cuisine, avec un pote (Michel) et des ingrédients que l’on trouve dans tous les placards.

L’aventure a bien grandi depuis ! Les trublions du goût installés à La Bananeraie, le siège de l’entreprise, présentent leur aventure …

… Et ne manquent pas d’idée pour séduire les géants d’Outre-Atlantique ! La folle aventure de la conquête de Starbucks nous le montre !

Sinon, avez-vous déjà vu une session de recrutement dans une rame du métro parisien ? Ils l’ont fait !

 

En fait, les trublions du goût sont une belle bande de gens passionnés qui ont choisi d’être acteurs. Et pas n’importe lesquels ! Je vous laisse plutôt voir.

La philosophie des trublions du goût

Cette philosophie est affichée bien en avant sur le site :

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Cliquez sur le visuel pour parcourir la philosophie de Michel & Augustin

C’est celle de l’entrepreneur ! … À 3 casquettes.

Et pour ce faire, la joyeuse bande est partie d’un rêve. Enfin de plusieurs. Faire rayonner la pâtisserie française en mettant au point de bonnes recettes, avec des ingrédients pas compliqués à trouver et de bonne qualité. Ils veulent aussi encourager les autres à être entrepreneurs de leur vie, dans leur vie et de la vie !

Alors ils se sont engagés pour l’entrepreneuriat, pour célébrer la différence, pour faire fonctionner mains et pieds et enfin pour soutenir le local !

Le parcours inspirant d’Augustin

En retraçant son parcours sans fard, Augustin a distillé tout au long de sa prise de parole des valeurs fortes. Une vraie recette de l’action, à mettre sous tous les yeux !

Dès le début de sa prise de parole, Augustin n’a pas hésité à se livrer. La question qui anime sa vie : « Qu’est-ce que je fais là ? ». Mais oui c’est vrai ça, qu’est-ce que nous faisons là ?
Il a décidé d’y répondre en apportant une petite touche de bonheur. Pour lui, il faut être bien soi-même pour faire le bien autour de soi. Alors il faut apprendre à bien se connaître par les épreuves et les réussites.

Selon lui, (je partage cette vision ++++), nous avons tous des talents exceptionnels et beaucoup de choses à apporter aux autres.

Sa recette pour découvrir son talent ? Vivre les choses avec beaucoup de passion et avoir été capable de s’écouter dès sa première expérience professionnelle ratée à 22 ans. Chamboulé, il a choisi d’aller butiner à droite et à gauche pour apprendre et comprendre qui il était. Sans chercher à répondre aux conventions sociales. Un vrai toqué, non ?

Il rêvait d’un métier manuel, lui qui avait étudié à l’ESCP, et c’est le contact sensuel avec la pâte des pains qu’il a choisi. Il a donc passé son CAP dans la foulée.

Dernier ingrédient en poche : l’amitié. Oui oui, c’est l’amitié qui l’a mené à « oser » Michel et Augustin.
Avec son pote Michel, il voulait faire redécouvrir aux parisiens leurs meilleures boulangeries en éditant le guide Michelin du pain. C’est ainsi qu’ils ont fait le tour des 1263 boulangeries de Paris pour porter leur projet.

Puis ils ont commencé à faire des pâtisseries avec des ingrédients de base, dans sa cuisine au fin fond du 18ème arrondissement de Paris. Du porte à porte dans son quartier avec Michel, Augustin est aujourd’hui toujours entouré de son ami. Sauf qu’ils ne sont plus 2, une centaine de trublions les ont rejoints pour porter ensemble la folle aventure du goût.

Les petites leçons de vie d’Augustin

Augustin insiste ! Mais c’est parce qu’il a testé et qu’il y croit : nous devons tous être des entrepreneurs. Des entrepreneurs de nos vies, dans la vie et de la vie !

Lui qui aimerait rebaptiser la devise de la France en « Liberté Différence Fraternité », nous a exhorté à chercher pour trouver le petit truc qui va améliorer nos vies à tous. Il nous a aussi encouragé à donner du temps pour les autres. Puis à accepter l’autre dans sa différence et ses handicaps.

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Il voit ainsi concrètement dans sa vie, celle de sa famille, de sa femme, de ses enfants, que la différence est une chance. Sa petite Sarah, trisomique 21, lui a montré le chemin.

Nous considérant tous comme des naufragés de la vie, il essaye d’œuvrer pour ceux qui lui demandent de l’aide.

Si nous avions une seule chose à retenir

 

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Un parcours inspirant et un humour en toute circonstance, qui donnent l’envie ! L’envie de trouver la bonne clé pour ouvrir la porte de notre maison intérieure. Un canapé douillet, une tasse de chocolat chaud, de la bonne musique et c’est parti pour une longue réflexion qui mènera au déclic : « Ce que je veux vraiment c’est … (à compléter) ». Monter sur la scène, devenir l’acteur, tout simplement.

Sage-femme et mère : la vie au coeur !

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Sage-femme et mère : la vie au coeur !

Elle est celle qui a passionnément aimé donner la vie pour finir à son tour par la donner. J’ai voulu en savoir plus. Immersion dans une discussion entre une mère et sa fille.

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TC : Comme ça, à froid, est-ce que tu as quelque chose à me dire ?

C. : Non. J’attends que tu me poses des questions.

TC : Bon, on peut le dire, tu es ma mère. Pourquoi avoir donné la vie ?

C. : J’ai donné la vie de différentes façons. J’ai donné la vie d’abord parce que j’ai choisi d’exercer le métier de sage-femme ; j’ai mis au monde de nombreux enfants pendant dix ans environ. Et ensuite, j’ai donné la vie à mes propres enfants. D’ailleurs, je suis ta mère !

TC : Tu as vu arriver à la vie des tas d’enfants. Et c’est différent.

C. : Bien sûr ! Donner la vie dans le cadre d’une profession et fonder sa propre famille, c’est différent.

 

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TC : Quelles émotions cela procure t’il ?

C. : Des tas d’émotions ! La joie, le bonheur, quand l’enfant est désiré et que le couple est en attente de cet enfant. C’est le début de la vie. Un petit être qui arrive à la vie et toutes ces promesses de construction, d’enrichissement, de bonheur.

TC :Tu soulèves la question de l’enfant non désiré.

C. : A la maternité publique, il y a une grande diversité de patientes. Des plus favorisées aux plus défavorisées. Toutes les naissances ne sont pas vécues de la même manière. Moment intense de bonheur, ou moment difficile.
Il m’est arrivée d’accoucher des mamans qui mettent au monde des enfants porteurs de pathologies diagnostiquées ou non avant la naissance. J’ai pu m’occuper de jeunes femmes abandonnées par leur famille, vivant en foyer et accompagnées par des éducatrices. J’ai aussi reçu une fois une femme menottée, au milieu de gendarmes. Elle était incarcérée et s’apprêtait à accoucher. Et puis j’ai pratiqué des accouchements sous X.

TC : Ces femmes qui décident de repartir de la maternité sans leur bébé, comment vivent-elles leur accouchement ? En général.

C. : Pour utiliser une métaphore pas très chouette, mais c’était au fond la réalité, elles venaient pour déposer un paquet, sans même le regarder. Leur décision était mûrie à l’avance et elles ne revenaient pas dessus. Nous, sages-femmes n’abordions pas l’aspect psychologique de leur décision, nous restions discrètes et faisions en sorte de ne pas les culpabiliser. Nous ne leur montrions pas le bébé à qui nous donnions trois prénoms. Nous avions une tendresse particulière pour ces petits, prenant soin d’eux avant de les confier à une pouponnière.

« Nous avions une tendresse particulière pour ces petits, prenant soin d’eux avant de les confier à une pouponnière. »

J’ai eu le cas d’une dame qui a découvert que le bébé dont elle venait d’accoucher était trisomique. Elle a décidé de l’abandonner sur le champ.

TC : Quelle tristesse. J’espère que ce petit a trouvé une famille aimante pour le faire grandir. Il y a là un vrai paradoxe pour un moment qui est plutôt entendu sous son sens heureux.

C. : Oui c’est vrai … Heureusement, la naissance est quand même le plus souvent un moment heureux ! Mais c’est aussi un moment qui n’échappe pas aux difficultés, lorsqu’elles existent. Une école de la vie. J’ai accueilli des enfants malades. D’ailleurs, pendant que j’étais enceinte de toi, j’ai mis au monde un enfant malformé. La joie intense côtoie la tristesse intense.

TC : Au final, avec tout ce que tu as vu, qu’est-ce que cela t’a appris du cœur de la femme ? De la vie en général, même !

C. : Je garde en moi la beauté de la naissance et l’amour maternel dans la plupart des situations. Je ressentais une grande émotion devant cet amour maternel instinctif et l’attachement à ce petit être qui venait de naître. La maman avait senti bouger en elle ce petit être, l’avait imaginé, fondé des espoirs et il se trouvait là, devant elle.

« Je garde en moi la beauté de la naissance et l’amour maternel dans la plupart des situations. Je ressentais une grande émotion devant cet amour maternel instinctif et l’attachement à ce petit être qui venait de naître. »

TC : Pourquoi donner la vie ?

C. : L’envie de fonder une famille, de transmettre. Finalement c’est un acte égoïste. Cela donne un but dans la vie, on sait pourquoi on avance et on travaille chaque jour.

TC : C’est marrant, parce que je ne pense pas la même chose. Je pense au contraire que donner la vie est un acte d’amour, de don de soi quelque part, et donc de charité. Surtout quand on sait à quel point élever un enfant peut être difficile parfois ! [Rires]. Est-ce que tu te souviens de la première fois que tu m’as vue ?

C. : Dès que tu es née, je t’ai vue. J’étais contente mais j’étais épuisée car l’accouchement avait duré plus de 12 heures. Quand tu es né, Elisabeth (la sage-femme et amie qui m’a accouchée) me disait « Qu’est-ce que c’est ? » m’interrogeant sur le sexe du bébé et je répondais « C’est un garçon ». Et bien non, Pierre-Alexandre était en fait une petite Camille, pesant quand même plus de 4 Kg ! J’étais heureuse que tu arrives !

TC : Est-ce que tu as quelque chose à ajouter ?

C. : J’ai eu la joie d’exercer pendant 10 années le métier de sage-femme qui est un métier remarquable, une vraie vocation. J’avais la chance d’être disponible, de m’investir pour faire de ce moment de la vie d’une femme, un acte réussi avec le moins d’intervention médicale possible, dans le respect de la sécurité bien sûr. J’ai pu créer de véritables liens avec certaines patientes. Il m’est arrivée de correspondre pendant quelques années avec certaines d’entre elles ou de les revoir.
Je retournais les voir durant leur séjour à la maternité pour discuter avec elle et reparler si elles le souhaitaient de l’accouchement.

« J’avais la chance d’être disponible, de m’investir pour faire de ce moment de la vie d’une femme, un acte réussi avec le moins d’intervention médicale possible, dans le respect de la sécurité bien sûr. J’ai pu créer de véritables liens avec certaines patientes. »

C’est un moment particulier de la vie de la femme qui fait mal, qui peut être laborieux et qui bouleverse l’équilibre. Il peut être compliqué pour la mère et l’enfant.

Dans ma carrière, un événement m’a particulièrement touchée. Il s’agit de la naissance de Céline.

Elle va avoir 30 ans cette année. Nous avons découvert qu’elle était trisomique lorsqu’elle a pointé le bout de son nez. Elle est née la nuit, sa maman qui n’était pas du tout proche du milieu médical ne s’est pas rendue compte du handicap de son bébé alors que nous l’avions vu avec mes collègues, dès les premières secondes. Il est était impensable de faire une annonce alors qu’aucun pédiatre n’était présent. Nous avons donc dû attendre le lendemain matin pour confirmer le diagnostic.
En début d’après-midi, ma collègue responsable de la pouponnière a pris à part le papa qui rendait visite à sa femme. Elle lui a annoncé la nouvelle. Ils se sont ensuite rendus ensemble auprès de la maman pour lui dire également.

Un moment d’intense souffrance où notre rôle est de faire relativiser le handicap à des gens qui ne le connaissent pas.

Anatole a une petite casserole qu’il traîne au pied. Je vous laisse voir …

La maman pensait qu’avec un chirurgien on pourrait réparer l’esthétique de sa petite fille. Elle n’avait pas compris qu’elle était atteinte dans ses cellules. L’apparence physique l’étonnait et elle envisageait une « réparation ». Dans sa compréhension du handicap, le côté mental était absent.

Il faut dans ces moments-là savoir écouter et accueillir la détresse des gens, essayer de se mettre à leur portée pour leur expliquer avec leurs mots, les caractères particuliers du petit être dont ils sont devenus parents. Il faut également prendre de la hauteur pour dédramatiser ce qu’il vient de se passer, et encourager. Céline était très hypotonique (problème de réflexes) , elle mangeait mal.

 

« Dès le début de sa vie, ses parents ont dû persévérer. »

 

La voir aujourd’hui travailler, lire, s’épanouir dans des passions, heureuse de vivre malgré ses handicaps et sa différence est une vraie Joie.

TC : Je t’interroge pour mon blog. Avec ce que je t’en ai dit, comment tu le perçois ?

C. : Je le perçois comme un endroit sur internet où l’on échange. Un blog dynamique, qui va vivre de rencontres et de hasard !

TC : C’est vrai que je fais en sorte que cet espace soit vivant et vrai ! Merci maman pour ta disponibilité à répondre à mes questions alors que tu es bien occupée, et que ce n’est pas forcément évident de parler de soi et de ce que l’on aime.

 

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Des codes rouges au prétoire, la vocation d’une robe noire !

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Des codes rouges au prétoire, la vocation d’une robe noire !

Alors que les courageux étudiants qui ont travaillé toute l’année -et d’autant plus cet été- commencent demain (le vendredi 1er septembre) les épreuves écrites de l’examen d’entrée à l’école des avocats (NDLR : le CRFPA), voici le fruit de ma rencontre avec une toute jeune diplômée.

Ensemble, nous avons pris le temps d’échanger sur sa vocation, son parcours,  son quotidien dans un métier aux multiples facettes. Avocate depuis le début de l’année 2017, Maître C. exerce dans deux domaines radicalement différents. Si le pénal lui fait toucher du doigt des questions pressantes de société, la propriété intellectuelle lui apporte une bouffée d’air très appréciée.

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La rencontre

Temps de lecture estimé – 15 minutes (Nous avions beaucoup de choses à nous dire ;))

 

TC : Après 7 ans d’études, tu es avocate depuis peu. A quoi pense t’on pendant sa prestation de serment ?

Maître C. : La prestation de serment, on peut la vivre de différentes manières. Tout dépend la symbolique que l’on souhaite y mettre. J’ai une consœur qui était en vacances le jour de la prestation de serment et qui a fait ça à son retour, sans cérémonie officielle. Moi j’ai pris l’extrême inverse, je l’ai vécue comme le début d’une nouvelle vie.
Avant tout, la prestation de serment, c’est rentrer dans l’Ordre des avocats, ça peut donc s’apparenter à une cérémonie quasi-religieuse. Au barreau de Chambéry, la prestation de serment se fait dans la salle solennelle du Palais de Justice, salle à haute valeur historique. (NDLR : visite en images du Palais de Justice de Chambéry)
De nombreux officiels sont là, tant du barreau que de la magistrature. Il y a également la presse. C’est tout de même assez impressionnant. J’avais également invité ma famille et mes amis. C’était un moment chargé d’émotions.

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Le Palais de Justice de Chambéry, où Maître C. a prêté serment.

Je ne sais pas à quoi je pensais exactement… Tellement de choses défilaient dans ma tête. Ma crainte suprême était de ne pas me souvenir du serment ou de m’emmêler les pinceaux.
Ce serment est long : « Je jure comme avocat d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».
Heureusement, juste avant la cérémonie, on nous a appris que l’on n’aurait à dire que « Je le jure ». J’étais soulagée.

Puis est venu le stress de savoir si on devait garder les gants au moment de lever la main. Plus personne ne savait. Personnellement je les ai gardés. D’autres consœurs les ont enlevés. J’avais aussi un peu de stress car mon fiancé n’arrivait pas, il était coincé dans la neige. Il est arrivé juste à temps. Juste avant de dire « Je le jure », ma tête tournait légèrement, mon cœur s’affolait. Une fois les trois mots prononcés, je me suis dit « voilà c’est fait, tu es avocate », j’ai regardé Me Cataldi, avocat chez qui j’avais fait de nombreux stages et chez qui je travaille aujourd’hui, qui m’a fait un clin d’œil. Pendant ces quelques secondes, il n’était plus mon maître de stage, il n’était pas encore mon chef.

Ensuite j’ai ressenti une grande fierté. Devenir avocat c’est se consacrer entièrement à une profession, c’est se dévouer à son prochain afin que les droits de tous soient respectés. Il m’arrive d’avoir le vertige quand je pense à la mission qu’est la nôtre mais ce jour là, je n’ai ressenti que la fierté de rentrer dans la confraternité des avocats.

« Devenir avocat c’est se consacrer entièrement à une profession, c’est se dévouer à son prochain afin que les droits de tous soient respectés. »

TC : Le passage à la vie professionnelle, un moment préparé ?

Maître C. : Vaste débat…. Pour être avocat, la plupart d’entre nous font un Master 2 soit 5 ans d’études universitaires. On est alors très loin de la vie professionnelle. L’école des avocats est censée nous amener vers cette vie professionnelle. Au final, je n’ai pas eu la sensation d’avoir été préparée. On nous a appris la paperasse. J’ai pu monter mon entreprise libérale sans aucune encombre.

Mais la difficulté est davantage psychologique. Les premiers mois on ne sait pas encore toujours tout, il y a trop d’usages dans la pratique de notre profession pour tout savoir. On m’a toujours dit qu’il fallait 10 ans pour être un bon avocat. Je pense que c’est vrai. J’ai encore énormément de choses à apprendre, beaucoup de questions « bêtes » à poser.

L’université et l’école des avocats nous apprennent à être des juristes mais pas des avocats. Être avocat, avant tout, c’est être le roi de l’organisation. Et malheureusement aucune école ne peut nous l’apprendre. J’ai la chance d’avoir travaillé durant mes études ce qui m’a appris la rigueur au travail. Certains ne l’ont pas fait ou n’ont tout simplement pas un caractère rigoureux. Le passage à la vie professionnelle avec un agenda à gérer, une comptabilité à tenir, des charges à provisionner, des clients exigeants à gérer peut être difficile. On a un peu l’impression de se battre sur tous les fronts. Je pense que rien ne peut nous préparer à ça.

TC : Tu t’occupes de dossiers en Propriété intellectuelle et en pénal. Les clients ont donc des profils très différents. Au-delà de la question des connaissances juridiques, c’est quand même un peu le grand écart non ?

Maître C. : Oui. J’ai longtemps hésité entre les deux matières. Aujourd’hui je n’hésite plus : j’ai besoin de faire les deux, même s’il est vrai que ce mélange est très atypique. Je fais les deux avec autant de passion.

Le pénal, c’est aider son prochain, défendre les valeurs du Droit et de la Justice. En général, les affaires nous atteignent directement au cœur. En tant que professionnel, il faut bien évidemment garder la tête froide mais en réalité on ne peut se débarrasser de la charge émotionnelle. On apprend juste à la gérer.

Parfois j’ai besoin de traiter des affaires qui sont moins dans l’émotionnel avec des dossiers en propriété intellectuelle.

« C’est un équilibre que j’ai trouvé entre l’ombre et la lumière. »

J’ai fait ce choix de défendre les créateurs car j’ai grandi au milieu des artistes. En faisant de la propriété intellectuelle j’ai la sensation de m’élever de la noirceur du pénal. Lorsque je mets mes compétences au service de l’art, je me confronte à ce que l’Homme fait de plus beau, à mon sens. En faisant du pénal, je me confronte à la part la plus sombre du genre humain. C’est un équilibre que j’ai trouvé entre l’ombre et la lumière.

TC : Avec les dossiers en pénal que tu traites, tu as une vision de la société plutôt sombre. Au milieu de la violence, des noms d’oiseau, de l’ignorance parfois, comment (quelles ressources te permettent) arrives tu à garder de l’entrain pour défendre avec la même ténacité chaque client ?

Maître C. : J’ai la foi. Je sais que tout homme est capable de s’améliorer. La plupart des délinquants ont un parcours de vie qui s’explique. En général, la délinquance vient d’une grande misère sociale. La plupart des criminels n’ont pas forcément un parcours délinquant. Ils sont un peu Madame ou Monsieur Tout le monde et un jour, tout chavire. Ils n’en restent pas moins des hommes. Chaque homme a sa part d’ombre et sa part de lumière. Chaque homme fait le choix (pas toujours conscient et souvent influencé par des éléments extérieurs) de la part de lui-même qu’il veut mettre en avant. Cette foi me porte.

J’essaie juste de rendre le monde un peu meilleur, à mon niveau, à ma toute petite échelle. Je reste humble malgré tout…. Et parfois ma foi vacille devant la haine que je côtoie au quotidien. C’est dans ces moments là que la propriété intellectuelle a toute son importance : ça me rappelle que l’homme peut aussi être bon.

TC : Dans certaines situations, il faut accepter que son rôle sera limité …

Maître C. : C’est le moins que l’on puisse dire. Dans certaines situations, l’avocat est juste là pour garantir l’application des textes. Je ne suis pas de ceux qui nieront l’évidence d’un dossier, quel qu’il soit, pour défendre coûte que coûte un client. Dans ce type de situation, la seule chose que l’on puisse faire, c’est de la pédagogie. Au pénal, on a coutume de dire qu’une bonne peine est une peine comprise. Si la culpabilité ne fait aucun doute, que les textes ont été respectés, on ne peut rien faire de plus que de s’assurer que la peine sera bien comprise.

« Au pénal, on a coutume de dire qu’une bonne peine est une peine comprise. »

TC : Tu me parlais de certains clients qui pensent que tout leur est dû alors qu’ils sont à l’AJ … As-tu une idée de la raison et des moyens d’éviter ça?

Maître C. : Pour les lecteurs, je précise que l’AJ est l’aide juridictionnelle. C’est une aide de l’Etat qui permet à toute personne d’avoir un accès à un avocat. En cas d’aide juridictionnelle totale, pour les personnes les plus démunies, c’est l’Etat qui paie l’avocat. Je précise qu’un avocat travaillant à l’aide juridictionnelle, à moins de bâcler le dossier, n’est pas payé au juste prix de son travail.

Certains justiciables, souvent, et c’est bien malheureux, des habitués de la justice, pensent qu’avec l’aide juridictionnelle tout leur est dû. Je pense que c’est tout simplement un problème d’éducation. Quand on va chez le médecin, on prend un moyen de paiement, même si la sécurité sociale rembourse. Chez l’avocat, c’est pareil. Je pense que le problème vient également de l’image de l’opinion publique sur l’avocat. Pour l’opinion, l’avocat c’est une personne richissime, venant d’un milieu bourgeois, coupé du monde, qui traite ses dossiers avec froideur.

Donc je pense que l’éducation devrait se faire dans deux sens : d’abord expliquer aux gens que quand on profite d’un service, on le paie. Ensuite expliquer aux gens que les avocats ne sont plus ce qu’ils étaient.

Il me semble que les notaires avaient fait une grande campagne de publicité pour moderniser l’image qu’on avait d’eux. Ce ne serait à mon avis pas une mauvaise idée pour les avocats.

Maître Labori, plaidant pour Emile Zola. Une robe noire du XIXème !

TC : J’ai entendu dire que c’était un métier de passion, de vocation. La vie professionnelle, la vie personnelle, le flou ?

Maître C. : Complètement ! Tout s’entremêle car on ne peut pas lâcher. Le soir, on pense à nos dossiers. Le week-end aussi. Pendant les vacances, on essaie de se détendre mais c’est compliqué. J’ai la chance d’avoir un conjoint, une famille et des amis qui ne sont pas du tout dans le domaine judiciaire. Ça me permet de parler d’autre chose. Mais c’est compliqué.

Petite anecdote : il y a quelques semaines, je me baladais avec mon conjoint. J’ai vu que sa sacoche était abîmée. Je lui ai demandé pourquoi il gardait celle là alors qu’il en avait racheté une. Il n’en avait pas racheté depuis 2 ans… J’ai confondu avec un client dont tout le dossier remontait à l’achat d’une sacoche.

Je pense également que le secret professionnel, bien que totalement nécessaire, nous empêche d’extérioriser et donc de relâcher un peu la pression, si bien que l’on cogite sans arrêt.

TC : Quel est le grand défi du métier d’avocat en ce moment ?

Maître C. : S’adapter au monde qui change !  Me Cataldi (NDLR : L’avocat avec qui Maître C travaille) m’expliquait que dans les années 80 la délinquance était différente. Il suffisait d’avoir un seul client, un « parrain », et on avait tout le « gang » qui nous assurait des revenus. Aujourd’hui, la délinquance est beaucoup plus pauvre, désorganisée.
Il faut également s’adapter aux réformes législatives de plus en plus nombreuses. De trop nombreuses lois sont écrites actuellement, certaines se contredisant. Le Droit français est de moins en moins structuré. Il va falloir nous adapter.

De plus, et j’en ai déjà parlé, on a une vision de l’avocat qui serait un homme enfermé dans un bureau avec des dossiers au papier jauni et qui les traite froidement pour une facture salée. Il n’en est plus rien.

Aujourd’hui l’avocat est obligé de se moderniser. On travaille la plupart du temps par mail. Mais il faut s’adapter aux 150 mails par jour… Tout doit aussi aller toujours plus vite. Les gens veulent un rendez vous dans l’immédiat. Il faut aussi qu’on explique aussi aux clients que si l’on a fait 7 ans d’études, ce n’est pas pour leur apporter les réponses qu’ils ont vu en tapant trois mots clés sur google, et que chaque cas est unique . Par conséquent, la réponse qu’ils ont lue (et qui souvent les arrange) ne s’applique pas forcément à eux.
Il nous faut aussi toujours nous justifier sur nos honoraires. A l’heure de l’uberisation, on doit s’adapter.

Au fond, la grande difficulté c’est que pour s’adapter, il faudrait prendre le temps de réfléchir à « comment s’adapter. » Et nous n’avons pas le temps de réfléchir à des grandes questions de fond comme celles-ci …

TC : Peut-être que l’Ordre va commencer sa réflexion pour vous !

TC : Peux-tu évoquer pour les lecteurs la question sur la féminisation de la profession ?

Maître C. : Là encore, c’est un vaste débat. Il y a encore une dizaine d’années, les hommes étaient largement majoritaires dans notre profession. Aujourd’hui, je crois qu’on est à environ 45% de femmes. A Chambéry cette année, nous étions 10 à prêter serment. 8 étaient des femmes. En tant que femme, je ne vais pas dire que parvenir à la parité est une mauvaise chose. Néanmoins, je me fais du souci pour l’avenir car si le Barreau continue de se féminiser il n’y aura plus que très peu d’hommes. Or, nous exerçons une profession qui a besoin d’hommes. Ce n’est pas être anti féministe que de dire ça.

En pénal, il y a très peu d’avocates. Cela s’explique : il est difficile par exemple pour une femme d’aller en prison visiter un violeur. Et c’est pourtant nécessaire.

« Je pense donc que la féminisation de la profession n’est pas un problème pour l’instant. Néanmoins, comme en toute chose, il ne faudrait pas que l’équilibre hommes-femmes soit rompu. »

D’autres professions connaissent des problèmes similaires. Je pense par exemple aux infirmiers psychiatriques. Il y a  trop peu d’hommes. Or il arrive de devoir recourir à la force physique pour calmer des patients ce qui est très difficile pour des femmes.

Il en va de même pour nous, notamment en matière pénale. J’ai déjà eu peur en allant assister un homme en garde à vue, très nerveux, qui ne comprenait pas forcément que l’avocat était là pour l’aider. Cet homme faisait environ 2 mètres pour 100 kg de muscles. Les policiers ont eu du mal à le menotter, les menottes étaient trop petites pour ses poignets. Quand il a commencé à faire de grands gestes, j’ai pensé que s’il devait être présenté devant un magistrat le lendemain je laisserais le dossier à un confrère. Et encore… Je prends des cours d’arts martiaux qui m’apprennent à me défendre !Un grand grand merci à toi, et à bientôt !

Maître C. a accepté de se dévoiler. Si jamais vous souhaitez lui demander conseil, voici son adresse :

Maître Marion Célisse
Avocate

88, Rue Freizier
73000 CHAMBERY

Tél : + 33 (0) 4 79 68 71 71

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Marion, tu es une nana étonnante. Ca y est, tu y es arrivée. Tu es avocate, après de longues années d’études ! Et puis, tes deux passions (en droit) qui semblaient inconciliables se chevauchent aujourd’hui tout au long de tes journées.

Tu es jeune, tu es une femme, tu débutes et tu as sur toi tant de responsabilités. Des hommes et des femmes te font confiance à des moments délicats de leur vie et tu leur accordes ton savoir, ton énergie, tes qualités humaines pour les sortir de passes difficiles. Chapeau bas !

Mathieu : son engagement politique l’a mené à être candidat à la députation !

Trajectoires

Mathieu : son engagement politique l’a mené à être candidat à la députation !

Comme vous commencez à le voir au fil de mes articles, je suis en périple à travers la France, à la rencontre des français qui veulent bien engager la conversation, mais aussi de ceux qui mettent leur énergie au service des autres, de la Terre, de notre pays, etc.
J’ai croisé durant ma première halte à Lyon, Mathieu, -un jeune trentenaire- que l’engagement politique a conduit à se présenter aux élections législatives.
Alors que beaucoup accusent la jeunesse – Génération Y voire Z, d’être fainéante, centrée sur elle-même, arrogante, peu serviable (et j’en passe !), je trouvais intéressant de lui poser quelques questions afin qu’il puisse nous éclairer quant à ce qui le motive dans son engagement politique. Car se présenter aux législatives, ce n’est pas rien, ni sans conséquences !
Très gentiment, il a accepté de figurer dans la rubrique « Trajectoires » du blog. Avec ses convictions et sa personnalité, il a répondu à mes questions. Voici le résultat de notre entretien !
– – – –
TC : Quand on a 30 ans, une vie bien remplie, un boulot épanouissant, des amis, … Pourquoi on décide un jour de se présenter aux élections législatives ?
M. : Effectivement, vous avez raison une vie épanouissante n’incite pas naturellement à se lancer dans ce type d’aventure électorale. Cependant, j’ai toujours été sensible à la chose publique, à m’intéresser à la vie de la cité, au débat et à la confrontation des idées.  Au fil du temps, mes convictions ne m’ont pas lâché j’ai toujours essayé d’apporter des éléments concrets dans le respect des idées de chacun(e).
 » Se mettre au service est la base d’un engagement politique « 
Prendre la décision de se présenter à ces élections législatives, n’a pas été facile tant les risques étaient importants. Être candidat, c’est assumer ses convictions qui font ce que l’on est, on passe de l’ombre à la lumière ! Selon l’adage 30 ans serait l’âge de raison, il était peut être temps pour moi après des années d’engagements dans l’ombre de proposer ouvertement un projet fidèle à mes convictions aux électeurs.
D’ailleurs je suis fier d’être resté fidèle celles-ci. « La vraie valeur d’un homme réside, non dans ce qu’il a, mais dans ce qu’il est » nous dit Oscar Wilde. Je me reconnais bien volontiers dans cette formule, on ne
naît pas politique, on naît homme avec nos qualités et défauts.
Nos valeurs peuvent bien souvent se rejoindre avec nos opposants, mais devons-nous y voir le mal incarné ? Non je ne le crois pas ! L’erreur de ce monde, est de croire que pour progresser il faut être une girouette, blanc le matin et noir le soir. J’ai de la colère face à ce type d’attitude. A contrario, j’ai du respect pour les gens cohérents avec leurs valeurs.
 
Je n’ai eu de cesse de me tenir à ces trois mots que sont Fidélité, responsabilité et engagement qui déterminent le sens de mon action politique.
TC : Seulement une histoire de convictions et de valeurs ?
M. : Non pas seulement, comment ne pas toucher son intime dans cet engagement ? Etant croyant et pratiquant, j’essaie de répondre à la vocation de chrétien dans le monde. Pleinement engagé et à l’aise dans notre société, je réponds à l’appel des différents papes, à la suite de nombreux chrétiens, je m’investis pour la justice et le bien commun. Mon engagement y prend tout son sens.
« Je m’interdis de regarder les trains passés, sans rien faire. »
Le pape François nous montre le chemin à suivre par l’action. Je suis saisi par sa manière de vivre et je n’y suis pas insensible : une vie simple dénuée de tout bien.
Si chacun s’engageait dans cet état d’esprit, c’est-à-dire viser le bien commun, nous serions alors nourris d’un véritable débat démocratique dans notre pays.
TC : En allant au contact du peuple depuis le début de vos  années de militantisme jusqu’à aujourd’hui à l’occasion d’une élection législative dans la France de 2017, qu’apprend-t’on de la vie et des gens ? D’autant plus dans une ville fracturée socialement  et économiquement …
M. : Durant cette campagne, j’ai constaté que beaucoup de nos concitoyens sont isolés, et ressentent un immense besoin de communiquer. De l’autre côté, je me suis aperçu qu’il régnait une certaine forme de désintérêt de la chose politique. Nous n’intéressons plus le citoyen lambda, car trop déçu des promesses jamais réalisées par le passé.
Je tire la conclusion suivante : tout est à reconstruire, peu importe la couleur politique du gouvernement et ce qu’il promettra. Notre société est malade de maux profonds. Le défi à relever est immense, car il s’agit pour nous de reprendre le pouvoir de notre destinée.
TC : Porter haut et fort ses convictions, une forme de courage quelque part …
M. : Surtout une question de volonté et de détermination.  Le courage est réservé à ceux et celles qui combattent pour notre liberté, et ceux bravant les persécutions pour vivre leur foi ou rejoindre leur idéal de vie.
TC : Un souvenir marquant de campagne.
M. : Une équipe modeste soudée et unie, avec un esprit de franche camaraderie !
TC : La jeunesse est attendue au tournant dans de nombreux domaines. En politique et ailleurs ! Les qualités du politique vont-elles évoluer avec l’arrivée des nouvelles générations ?
M. : Je ne pense pas que la politique doit se caler à l’évolution de notre société. Je pense que nous devons rester fidèles à nos convictions qui mènent notre action politique. Sinon c’est la girouette assurée ! Chacun(e) d’entre nous avons des qualités, il ne s’agit pas de politique, mais de rapports humains. L’Homme a su créer d’immenses conflits  mondiaux !
« A mon sens la qualité principale du politique doit être la recherche du bien commun pour la paix dans notre monde. »
Ces vains mots prêtent à sourire,  mais tant de conflits résident encore dans notre monde, tant de vies se meurent à cause d’eux. C’est à nos politiques d’y apporter des réponses claires et désintéressées pour que notre monde évolue en paix.
TC : Quelles sont-elles ?
M. : Comme je vous l’ai dit, la recherche du bien commun me semble tout à fait appropriée à notre monde. Notre monde se fracture de plus en plus entre les pauvres et les riches, il faut renverser la vapeur. Avoir une attention toute particulière aux pauvres, tout en ayant une attitude responsable.
TC : Quand on veut accéder au pouvoir, doit-on forcément se compromettre ? Ou ne sont-ils pas « tous pourris » ?
M. : Par votre question, vous contribuez inconsciemment à faire vivre le « tous pourris ».
J’ai rencontré durant mes années d’engagements de nombreux élus locaux et nationaux honorables et respectueux des règles communes.  On parle toujours de ceux ayant enfreins la loi et que faisons-nous de tous ces élus respectant la loi ?
TC : Pouvez-vous citer une phrase que vous affectionnez ?
M. : Permettez-moi d’en citer deux : « Le vrai patriote s’inquiète, non du poste qu’il doit occuper dans la patrie, mais du rang que la patrie doit atteindre parmi les nations. » & « Le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. »
TC : Quel est le plat préféré que vous cuisinait votre grand-mère ?
M. : Le sauté de veau à la tomate, fondant et savoureux et le gratin de pâtes !
TC : Vous me donnez l’eau à la bouche !

 

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Mathieu fait partie de ceux qui prennent la parole, loin de craindre les « qu’en dira t’on » ! Il a beau refuser de parler de courage, mais entrer dans l’arène politique me paraît quand même relever de cela. Car la violence est très présente et les amis si rares. Les récentes élections nous ont bien montré à quel point rien n’est jamais joué et que porter des idées, réunir autour de soi et mener une campagne sont des « combats » de longue haleine.

Malgré tout, notre pays a besoin de sa jeunesse ! C’est elle qui vivra demain, qui sent avec puissance les changements de notre société en regardant ses parents et grand-parents. Bref, prenons la parole !

 

 

Choisis ton sujet !

Trajectoires

Choisis ton sujet !

Notre vie serait si fade sans elles. Elles, ce sont les personnes qui nous entourent. Croisées rapidement ou relations plus longues, les rencontres façonnent nos vies.

Echanger c’est déjà se dévoiler un peu, dire qui l’on est et ce que l’on pense, en quoi l’on croit …

Je ne sais pas vous, mais je suis assez époustouflée par les « gens » de manière générale ! Je suis impressionnée par certaines idées, certaines manières de vivre, certaines passions, certains métiers, certains caractères …

Dans chaque personne « ordinaire » il y a quelque chose d’extraordinaire.

Ordinaire ou non, connue ou non, chaque personne qui témoignera ici le fera de manière anonyme. L’idée est d’aller au fond de chaque sujet abordé en se détachant de la « qualité » de la personne qui s’exprimera.
Comme pour faire passer le fond au dessus de l’image …

Le choix du sujet abordé dans chaque article sera une réponse à la question posée : « Sur quoi as-tu envie de me parler ? As-tu un sujet de prédilection, une passion, un intérêt que tu maîtrises et dont tu as envie d’éveiller la curiosité des lecteurs du blog Trotte cocotte ? »

Tous, nous espérons que nous éveillerons votre intérêt ou votre réflexion. Une petite goutte d’eau ajoutée à une autre puis une autre … Pour finir en fleuve ?