Catégorie : Les faiseurs

Tendre vers le « Zéro Waste », ça te branche ?

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Tendre vers le « Zéro Waste », ça te branche ?

Au tout début de l’année je ne sais pas si vous avez entendu parler du défi lancé par l’ONG « Zéro Waste » pour inciter chacun de nous à changer ! Oui, changer nos habitudes de vie afin de préserver la planète tout en soutenant l’emploi en France.

Faire du sport (d’ailleurs, où en est votre résolution 2018 à ce sujet ? ;-)), essayer de mieux manger, de passer moins de temps devant son ordinateur ou son téléphone, … En fait, tout cela, l’ONG le soutient, mais cette année, elle a choisi un autre effort collectif à tenir ! Tadaaaaam !

En 2018, « Zéro Waste » nous met au défi de ne rien acheter ou presque, de neuf durant l’année.

Quoi ??????

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Ne faites pas cette tête, ca va bien se passer !

La démarche de « Zéro Waste »

Le temps a filé si vite que je vous en parle … en fin de soldes d’hiver ! Habile !
J’imagine que vous en avez donc déjà profité pour regarnir vos placards d’habits ou d’objets en tout genre !

Tiens, justement, n’avez-vous acheté que des produits dont vous aviez réellement besoin ? Et en magasin ou d’occasion ?
Je plaide coupable car, pour certains achats encore, je suis clairement dans l’achat coup de cœur.
A moi de veiller à ne pas laisser ces produits attendre patiemment leur tour sur mes étagères !

Mais d’ailleurs, quand peut-on savoir que l’on a vraiment un besoin ?
Ce n’est pas évident, d’autant plus que le marketing prend beaucoup de place dans nos actes d’achat. A force de voir les pubs dans la rue, sur les pages des magazines, avant d’écouter notre musique sur Youtube, ou à la télévision, on a beaucoup, beaucoup d’envies d’achats. Et ça, ni notre porte-monnaie ni notre planète n’aiment ça !

L’ONG dont le but est de lutter contre la production de déchets, se donne pour mission de nous aider toutes et tous, à mieux mesurer l’impact de tous nos achats. En prenant le temps de la réflexion avant d’acheter, on devrait normalement céder moins souvent aux sirènes de l’envie. Tous au défi !

Le défi #RienDeNeuf

Adhérer au défi, c’est accepter de revoir certains réflexes de consommation bien ancrés. « Penser alternatif », en réduisant l’achat de produits neufs.

L’association a donc dressé des catégories de biens ainsi que les alternatives proposées pour se les procurer !
La liste est longue ! Vous pouvez d’ailleurs la retrouver sur le site « Rien de neuf » mis en place pour l’occasion.

Location, prêts, mutualisation sont les alternatives les plus simples. On pense tous à Emmaüs, au Bon Coin, mais beaucoup d’associations ou d’entreprises se sont lancées pour offrir des services allant dans le sens d’une économie plus « durable ». Vous retrouverez leurs coordonnées ici.

Nos modes de vie en lumière

Ce genre d’initiative permet de s’entraider pour consommer mieux, mais surtout de voir à quel point nos modes de vie sont gourmands en ressources.

Pour fabriquer un t-shirt, il faut plus de 2500 litres d’eau tandis que pour un jean on atteint 8000.
Pour un smartphone, c’est 70 kg de ressources utilisées selon l’association.

De plus, acheter moins d’objets neufs favorise la création d’ateliers de réparation et donc d’emplois, en France !

Au-delà de ce défi, c’est bien une réflexion sur nos modes de vie que l’association nous encourage à avoir ! Loin de l’idée de tout compter ou de tout analyser, achat après achat, vous êtes prêts à relever le défi ?

Pierre Rabhi : « Et si l’humanité était devenue folle ? »

Engagés Les faiseurs

Pierre Rabhi : « Et si l’humanité était devenue folle ? »

« C’est comme s’il y avait le feu et qu’on dise n’en avoir rien à foutre. Il y a le feu et il faut l’éteindre. C’est un devoir. Vous avez des enfants ? On est en train de leur faire un monde invivable. Tous ces salopards de gens qui n’ont d’autre préoccupation que de faire du profit… Ils se foutent littéralement de l’avenir de l’humanité. Non, on ne peut pas, on ne peut pas ! »

Téléchargez ici le visuel réalisé pour l’occasion afin de le partager !

Cette vision est celle de Pierre Rabhi, Monsieur Pierre Rabhi ! Elle a été prononcée dans un reportage consacré à l’action de ce sage, diffusé il y a tout pile une semaine dans l’émission de Laurent Delahousse « 13h15 le samedi ».

13h15 le samedi consacré à l’oeuvre de Pierre Rabhi.

De mon côté, cela fait déjà quelque temps que je lis ses ouvrages et que je souhaitais vous en toucher un mot. L’occasion rêvée de le faire s’est présentée, alors go !

Le feu au lac …

Les choses sont claires ! Il y a le feu au lac, nous devons agir ! Vous me direz, agir c’est bien, c’est beau, mais comment ? Et puis pourquoi nous faire culpabiliser ?
Je vous rassure tout de suite : si comme moi vous habitez en ville, vous savez que l’action concrète, celle de tous les jours, pour faire évoluer nos modes de vie et respecter notre planète, va être un peu compliquée ! Manque de temps, manque d’argent, manque d’espace, … Bref.

Agir, à mon sens, c’est déjà prendre conscience du malaise, se former pour mieux comprendre les enjeux et les défis qui nous attendent. Là, tout de suite et pas dans 50 ans. Le reste viendra naturellement car vous ferez les choix qui découleront de ce que vous aurez découvert ou appris. Il n’y a pas de petits changements !

Le parcours de Monsieur Pierre Rabhi !

Au début du reportage, le journaliste Laurent Delahousse, se questionne « Le retour à la terre, utopie ou réalité ? ».

J’ai envie de vous dire, nous n’en sommes pas forcément encore là ! Certains viennent d’atterrir, d’autres se questionnent depuis quelque temps et d’autres agissent depuis longtemps. C’est le cas de Pierre Rabhi qui a pris conscience dès les années 60 que le mode de vie dans lequel il était embringué ne lui convenait pas, comme Homme. Il se sentait enfermé dans des contraintes contraires à sa nature.

« C’est de la folie ! L’humanité est folle, complètement folle ! En se croyant intelligente. »

Alors, avec sa femme et alors qu’ils étaient tout jeunes, ils ont acquis une ruine en Ardèche. Il dit d’ailleurs de cela que « Ce n’est pas qu’un retour à la Terre mais surtout comment trouver l’harmonie avec la terre, avec soi, avec les autres ? »

À force de travail et de patience, Pierre Rabhi a réussi à « dompter » ce sol si sec où rien ne poussait. Par des techniques respectueuses de l’environnement (que l’on nomme aujourd’hui « agroécologie »), et bien avant « le bio », il produisait de quoi assurer la subsistance de sa famille et au-delà.

« Comment peut-on empoisonner ce à quoi nous devons la vie ? »

Pierre Rabhi c’est est au fond un des chefs de file de l’écologie en France. Mais après ses découvertes, il est retourné très vite sur la terre de ses ancêtres d’Afrique pour essaimer … Et c’est là qu’il a commencé à acquérir une notoriété internationale.Il s’est mis à écrire des livres se vendant par centaines de milliers à travers le monde.
C’était parti, plus rien ne l’arrêtera jamais ! Il avoue d’ailleurs dans le reportage qu’il est parfois fatigué de passer sa vie à donner des conférences, à témoigner, à alerter …  Jugeant néanmoins la situation trop grave, il se fait un devoir de continuer son action malgré ses 79 ans.

Rien que pour ça, je pense que nous pouvons lui dire merci et « chapeau bas » !

Une philosophie

Je ne peux que vous conseiller de vous laisser porter par ses ouvrages, et de commencer votre réflexion sur nos modes de vie. Pierre Rabhi les considère comme destructeurs …(Je crois que je suis bien d’accord avec lui. Et vous ?)

Voici ici quelques citations tirées du reportage que vous allez tous regarder au plus vite 😉 :
(J’en profite pour vous remettre le lien parce que je pense que ce serait très chouette que vous n’attendiez plus pour le voir. Vous remarquerez que je ne suis pas insistante du tout !)

Ces citations peuvent paraître désuètes pour certaines, mais elles veulent dire beaucoup aujourd’hui :

« Tout le monde dépend de la Nature. Si la Nature meurt, nous mourrons. »

« C’est aussi une philosophie. Les citoyens se réapproprient leurs capacités de survie »

« Des gens seuls, concentrés dans des villes. Des camions leur apportent à manger »

« Cultiver son jardin c’est un acte politique et d’ultime résistance à des systèmes qui confisquent toute possibilité au citoyen de survivre par lui-même pour le rendre entièrement dépendant. »

« Les grosses multinationales existent parce que c’est l’ensemble des citoyens qui leur donnent le pouvoir. Si nous rentrons dans la sobriété, dans la simplicité. Si nous essayons de répondre à nos besoins par nous-mêmes, les multinationales ont du souci à se faire. Elles sont nourries par la crédulité du public ».

 

« Si on veut que la société change, ça nous amène à changer nous-même. Si on ne change pas nous-même, la société ne changera pas »

Cette phrase est au fond celle qui m’a amenée à entamer une transition personnelle, et à ouvrir ce blog également par certains aspects. Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose à mon sens, ce serait celle-ci. Nous avons le pouvoir de changer et donc de faire changer les choses.
Encore, une fois, chacun à son niveau et avec ses possibilités !

 Ca pourrait commencer par le fait de partager cet article à nos proches et surtout, surtout, visionner et faire visionner ce superbe reportage qui vulgarise des concepts et idées à contre-sens, non ?  😉

 

 Pour aller plus loin :

Pierre Rabhi conceptualise, écrit et agit depuis de nombreuses années. Il s’est porté candidat à la présidentielle une fois, il a créé un mouvement, celui des « Colibris » en référence à une légende amérindienne citée au-dessus, il a créé le centre agroécologique des Amanins.

Vous trouverez beaucoup de choses sur son site

Le mouvement des Colibris

La diffusion de l’agroécologie avec Terre & humanisme

Les Amanins

& bien d’autres initiatives

Une semaine à la ferme de Chantecaille !

Agriculteurs Les faiseurs

Une semaine à la ferme de Chantecaille !

Il me tenait à cœur de clôturer mon périple en allant à la rencontre de paysans. Et pas n’importe quels paysans ! Ceux qui nous nourrissent en cultivant leurs jardins sans utiliser de produits chimiques. Ils ont à cœur de préserver notre santé (et la leur !) ainsi que notre planète.

Rien que pour ça, ils méritent que l’on se nettoie un peu les yeux, que l’on prenne conscience des enjeux de l’agriculture, que l’on parle d’eux puis que l’on achète leurs bons produits, autant que possible !

À la suite de mon passage in extremis sur la dernière étape du Fermes d’avenir tour qui s’est déroulé à Rochecorbon, j’avais prévu de passer une semaine à la ferme de Chantecaille auprès de Julien et Sandrine, un couple de néo-paysans installés dans le Limousin.

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L’arrivée à la ferme de chantecaille

Après une épopée de plusieurs heures à travers nuages, brouillard, pluie, trains et bus, me voilà arrivée sur la nationale reliant Limoges à Eymoutiers en ce début d’après-midi du lundi 18 septembre.

Sandrine avait pris le soin de me dégrossir l’itinéraire: « Tu prends la direction du hameau appelé Laubaudie, tu passes les 3 dos d’âne et tu seras presque à la ferme ! ». Alors j’ai marché le kilomètre séparant la grande route de la ferme, enlevant petit à petit mes couches de pull car le soleil était revenu, et respirant à plein nez l’odeur de l’herbe fraîche ; puis j’ai frappé à la porte.

C’est une Sandrine et un Julien fatigués par l’intense saison qu’ils ont vécue qui m’ont accueillie.

Après avoir goûté les légumes du jardin qu’ils cuisinent à chaque repas, j’ai déposé mes affaires dans la caravane où ils logent ceux qui viennent les aider. Les premiers wwoofers ont inauguré l’installation début septembre, autant vous dire qu’elle était toute jolie !

Car oui, ces nouveaux paysans savent bien s’entourer. Ils ont compris que pour essaimer, il fallait communiquer, accueillir, partager, afin de faire découvrir ce qui les fait vibrer à tous ceux qui se posent des questions.

Très soudés entre eux, ils se soutiennent même en créant des collectifs où les partages d’information et réunions les font avancer.

J’en profite pour remercier Philippe, un néo-paysan qui a créé il y a deux ans, « Les jardins de Pan »  avec sa femme Claire ! Je l’ai contacté afin de mieux comprendre les raisons qui les ont poussés, leur jeune fils sous le bras, à quitter leurs activités professionnelles et leur région, pour devenir maraîchers. N’étant pas encore équipés en logement pour accueillir les volontés de passage, c’est lui qui m’a aiguillée vers Sandrine et Julien pour que je puisse découvrir leur envie commune de produire au naturel !

L ’agro-écologie et la permaculture comme fils conducteurs

Ces néo-paysans font partie de ceux qui ont eu une vie avant. Parfois très éloignée de celle qu’ils ont choisi de vivre en s’installant.

Sandrine et Julien se sont rencontrés pendant leurs études dans le domaine de l’environnement. Sandrine a poursuivi son cursus par un master en communication tandis que Julien a de son côté choisi le conseil en création d’entreprise.

Depuis qu’ils sont arrivés il y a déjà quelques années déjà dans le Limousin, c’est par des actes concrets qu’ils ont bâti une cohérence entre leurs choix de vie et leurs convictions. Julien travaillait auprès de paysans dans une association, Sandrine quant à elle a travaillé dans la communication au sein d’une entité tournée vers la nature, des fermes pédagogiques et du maraichage. Puis leur démarche a pris un tournant lorsque Sandrine a décidé de cultiver des légumes en s’inspirant de la permaculture.

Un apprentissage qu’elle a pu approfondir en allant se former auprès de Charles et Perrine Hervé-Gruyer, fondateurs de la ferme du Bec-Hellouin, que les spectateurs du film Demain ont pu découvrir.

Auto-suffisants, l’envie d’aller plus loin les titillait ! C’est la ferme de Chantecaille qui accueille leur projet.

Le projet d’installation En agriculture

Sandrine et Julien y pensaient depuis un certain temps. Après avoir cherché une ferme à racheter, les voilà arrivés à Eyjeaux, prêts à concrétiser leur projet en ce début d’année 2016.

La ferme nécessite des travaux, ce à quoi s’attelle Julien (bien aidé par Sandrine tout de même !) tandis qu’ils montent dossier après dossier pour pouvoir envisager des activités agricoles.
Sandrine aime le maraîchage, suit des formations pour élaborer au mieux le « design » de son jardin, apprendre les techniques de maraichage bio intensif, faire ses plants, gérer un verger, créer en entretenir une forêt nourricière, bouturer, ….
Julien quant à lui souhaite élever des poulets de chair nourris avec le blé qu’ils auront cultivé et qui pourront gambader en plein air sur les terrains de l’exploitation. La première récolte de blé a eu lieu cette année, les poulets sont arrivés, la dégustation des premiers poulets est prévue pour début décembre !

Sans oublier l’accueil des hôtes de passage.

La production issue du maraîchage est la première activité qui a été mise en place. Depuis mai, 25 foyers viennent chercher chaque vendredi soir leurs légumes pour la semaine. Une sorte d’AMAP à la ferme !

En cette fin du mois de septembre, la récole est moins diversifiée que cet été ! Tous les produits sont de saison, c’est le jeu ma pauvre lucette !

Les derniers concombres, haricots et tomates côtoient les pommes de terre, le butternut, les oignons, les navets et la mâche.

Chacun peut profiter du délicieux parfum des aromatiques comme pour se souvenir de l’été qui a filé …

Pendant ce temps, les poussins de 15 jours grandissent dans une cabane érigée rien que pour eux, isolée et chauffée ce qui leur assure un confort maximal. Bientôt ils pourront pointer le bout de leur bec dehors et profiter de tous les petits insectes qu’ils trouveront dans le pré !

Un peu plus haut, les poules pondeuses se baladent dans leur parc, s’arrêtant ci et là pour observer.

Les petits cochons grognent, c’est le moment d’aller les voir tandis que les lapins observent les allers et venues. Et puis, comment oublier les derniers arrivés ! Yula, Yuhé et Teddy, les trois ânes qui raviront bientôt les touts petits, pressés de faire des balades sur leurs dos.

Il y a du monde à la ferme ! La vie grouille et les moments de détente y sont bien rares car il y a toujours quelque chose à faire !

Une philosophie de vie, créatrice de liens et de dynamisme

Philosophie de vie puisque cela imprègne toute la vie. C’est une manière de raisonner en écosystèmes. Tout sert pour tout et les éléments sont reliés les uns aux autres …

Ils sont dans l’accueil, élaborent des tas de projets pour créer des ponts entre les citadins et les ruraux, faire découvrir cette véritable philosophie de vie et montrer que l’on peut nourrir les autres sainement et vivre de son travail.

Je leur tire mon chapeau ! Car ils ont une énergie folle et savent faire face aux angoisses des aléas de la production agricole pour pérenniser leur projet, le faire connaître et inciter d’autres à faire comme eux.

Un engagement de chaque instant, une existence qui se détache du matériel pour aller chercher l’essentiel.

C’est peut-être ça, la richesse ! Pas vrai ?

Bribes de vie d’une wwoofeuse

Pendant une semaine, j’ai été nourrie, logée et blanchie à la ferme ! Tous les matins je rejoignais Sandrine et Julien afin de les aider durant leur journée de travail. Vous pouvez retrouver un petit condensé de ce qu’a été ma vie de wwoofeuse à la ferme de Chantecaille. Entre vue apaisante, arrosage et ramassage des légumes, livraison, désherbage, et bien d’autres activités, j’ai même pu conduire pour la première fois un tracteur ! Et sur la route s’il vous plaît ! 😉

– – – –

J’ai été ravie de rencontrer Sandrine et Julien qui oeuvrent chaque jour dans leur ferme pour nourrir sainement les hommes. Ils apportent leur pierre à cet édifice qui doit devenir imposant et qui rassemblera tous ceux qui souhaitent respecter la nature et des hommes en France, puis plus largement à travers le monde ! 

En accueillant toute sorte de personnes issues de toute sorte de milieux ou d’environnement, ils éclairent les consciences. Merci pour ce que vous faites, tenez bon malgré les embûches que comporte un tel projet et à bientôt ! 

Pour etre tenu au courant des actualités de la ferme :

Le site de la ferme de Chantecaille

La page Facebook

Écrire à Sandrine et Julien : fermedechantecaille@gmail.com

Avec Leax, la mode éthique au top !

Entrepreneurs Les faiseurs

Avec Leax, la mode éthique au top !

Lors de mon passage à Lyon cet été, je suis allée rencontrer Clément, le fondateur de la marque de vêtements responsables LEAX.

Un échange réalisé au « showroom » de la marque qui était jusqu’à la fin du mois Passage Thiaffait, en plein cœur de ce 1er arrondissement de Lyon qui n’en finit plus de créer.

Rencontre !

– – – –

TC : LEAX, qui ? Quand ? Quoi ? Comment ?

C. : J’ai effectué mes études en alternance dans une petite boîte de l’industrie électronique. Propulsé responsable marketing avec des responsabilités donc, j’ai eu envie de créer ma propre boîte.

J’ai toujours apprécié la mode et suis sensible aux messages sur l’écologie (sans être fanatique – rires!). Avec Leax, je mêle valeurs et mode.

Leax en images !

Je suis parti du constat que l’industrie textile est au monde, la deuxième la plus polluante après celle du pétrole. Il fallait donc faire autrement pour limiter l’impact de cette industrie sur l’environnement ! Nous

TC : Pourquoi avoir choisi « Leax » comme nom de marque ?

C. : Car ce n’est pas un nom trop franchouillard. Les engagements parlent pour la marque et la première valeur est le respect de l’environnement, avant le Made in France. Leax ça sonne bien, c’est simple et ça se retient facilement !

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TC : Sur votre site, ressortent 3 piliers qui constituent des engagements forts. Il y a tout d’abord la fabrication française, la distribution de produits écoresponsables et enfin la fixation d’un prix juste. Peux-tu nous en dire plus ?

C. : Oui ! Nous voulions des produits de qualité, durables et respectueux de l’environnement tout comme des êtres humains notamment.

Pour commencer, nous sommes certifiés OEKO-TEX notamment ce qui signifie qu’aucune teinture chimique n’est effectuée sur nos vêtements. Nos produits sont également en coton bio même si comme il ne vient pas de France, il est plus difficile de contrôler les filières.

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Au showroom, les produits Leax sont à côté de ceux d’une autre marque fondée par un ami de Clément.

Au fond, une certification ne veut pas dire grand chose, c’est plus l’engagement de nos fournisseurs qui sont des marqueurs de la volonté de mieux produire.

Concernant le prix, nous supprimons les marges pour aller directement vers le client. Enfin, nous produisons en France et donc participons à la création d’emplois dans les ateliers de nos partenaires et limitons les transports.

TC : D’ailleurs j’ai lu que la production était « sincèrement française ». Cela voudrait donc dire que certains ne sont pas sincères dans leur démarche ?

C. : Pas tous ! Le Made in France est attendu par les consommateurs et il faut se méfier. Certains mettent des étiquettes pouvant faire croire au Made in France alors que par exemple seule la couture du produit aura été faite en France.

De notre côté, nous ne rigolons pas avec ça ! Le design, le patronnage, la confection, la couture, les étiquettes … Tout est fait en France. Notre seule « faille » vient du coton car nous n’en produisons pas en France.

« Nous voulons permettre aux hommes et aux femmes de s’habiller de la tête aux pieds de manière responsable et Made in France »

TC : Comment se matérialise l’engagement du ramassage des déchets ?

C. : Pour chaque produit Leax acheté, 500 grammes de déchets sont ramassés en montagne. Nous sommes engagés avec Moutain Riders, une association savoyarde.

L’idée c’est de rembourser la dette à la nature car l’impact zéro dans l’industrie du textile n’est pas possible.

C’est un engagement concret, car nous finançons le ramassage de ces déchets. En un an d’existence, nous avions permis le ramassage de plus d’une demie tonne de déchets en montagne.

Chaque année, nous participons aussi aux « Mountain days ».

TC : La montagne, une passion en danger ?

C. : Oui, on le voit de plus en plus chaque hiver où les stations à petite et faible altitude ont beaucoup de mal à avoir un bon enneigement. Il faut déjà qu’elles réfléchissent à un nouveau fonctionnement pour continuer à faire vivre le tourisme car bientôt, on ne pourra plus skier sur leurs domaines skiables …

L’été, on le voit aussi avec la fonte des glaciers devenant de plus en plus rapide. Par exemple, près de Chamonix, il y a la mer de Glace, où on peut voir facilement où était le glacier il y a encore quelques années et ça fait froid dans le dos de voir un tel écart en si peu de temps.

TC : Communication pleine de pep’s. Les jeunes sont donc votre cible ? Une cible réactive et sensible aux messages que vous portez ?

C. : Nous ne connaissons pas la majorité de nos clients car ils achètent du Leax sur internet. Mais ils sont à priori âgés en majorité de 25 à 40-45 ans. Au dessus de ces âges là, ils vont acheter pour offrir. Ces clients sont parfois aisés et satisfaits de pouvoir consommer de manière responsable. Les autres ont moins de moyens mais viennent avant tout pour nos engagements.

Avoir une communication jeune nous permet d’aller toucher des jeunes ! Et personne n’est mécontent de mieux consommer !

TC : Tu finissais tes études quand tu as lancé Leax. Cela n’a pas été trop dur ?

C. : Pendant 1 an j’ai fait des recherches de fournisseurs. Il a fallu montrer du professionnalisme, de la crédibilité. Tout s’est fait par les rencontres qui permettent de constituer un petit réseau de personnes emballées par le projet et qui souhaitaient travailler avec nous.

Ce n’est pas évident mais on y arrive !

TC : Quel est l’avenir de la marque ?

C. : Nous venons de remporter un prix dans la catégorie « Environnement, biodiversité, énergie » de « La fabrique Aviva » ce qui est un bel encouragement pour nous !

Notre gamme va s’élargir et cela commence dans très peu de temps avec la « culotte écolo »

« On entame notre 3ème année d’existence. C’est l’année, ça passe, ça casse ! »

TC : Quel est ton sommet préféré ? (Et pourquoi?)

​C. :​ Je n’ai pas encore eu la chance de me rendre sur beaucoup de sommets. Mais je conseille à tout le monde (accessible à tout le monde) l’aiguille du midi à Chamonix.On a une vue imprenable sur les alpes et le Mont-Blanc. On peut même apercevoir les plus chanceux qui crapahutent direction le plus haut sommet d’Europe.

Encore une fois, Lyon me montre à quel point elle peut être dynamique et créative ! J’avais rencontré Eleonore, et là j’ai découvert la marque Leax grâce à son fondateur Clément. La tête sur les épaules, les valeurs de respect de la terre et des humains comme guides, lui permettent d’agir et de rêver ! Il rêve de pouvoir nous offrir à tous, les moyens de nous habiller de manière responsable et de nous extirper d’un système de production textile ultra-polluant tout en étant nocif pour nos santés.

Il a choisi de mutualiser ses efforts avec ceux qui comme lui créent des marques responsables. Bravo !

Je lui souhaite que « ça passe », et que cette année puisse être une belle passerelle vers des horizons élargis !

 Suivre et s’habiller Leax :
« Simples choses », l’intériorité au service de la création !

Créateurs Les faiseurs

« Simples choses », l’intériorité au service de la création !

Roanne, le 12 septembre 2017.

Dans le courant du mois de septembre, je me suis rendue à Roanne. Une journée à mi-chemin entre Clermont-Ferrand et Lyon pour y rencontrer deux femmes, deux artistes.

L’une d’elle va bientôt démarrer son activité et s’attelle en ce moment aux derniers ajustements de son projet. Je vous la présenterai dans quelques mois, lorsqu’elle se sentira prête à parler de sa passion, la poterie !

Aujourd’hui nous avons rendez-vous avec Mélanie. Cette professeur de lettres qui n’a pas encore passé la trentaine, a choisi de se consacrer pour l’instant à son rôle maman. Une vocation qui l’a amenée à retrouver son âme d’artiste …

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L’une des poupées réalisées par Mélanie. Son visage a été façonné avec du plâtre.

Elle m’accueille chez elle un mardi après-midi, sa fille dans les bras. Les tons pastel et la décoration soignée donnent à l’endroit calme et sérénité. Nous nous installons dans son atelier où elle a disposé ses différentes créations … Bavardes, nous faisons connaissance.

– – – –

TC : Tu as choisi comme nom d’artiste « Simples choses ». Quand je regarde les poupées que tu confectionnes et les illustrations que tu réalises, je vois beaucoup de finesse, de travail et de maîtrise de la technique. Pourquoi ce nom ?

Mélanie : Il y a quelque chose de poétique dans ce nom. Cela m’évoque René Char, Philippe Jacottet ou Heideger. Près de la chose qui est comme elle est, qui n’est pas « sur-travaillée ».

Mes poupées sont en tissus coupé dans de vieux draps ou venant de friperies. Je n’achète jamais de fournitures. La simplicité est un but en soi. Ce que je poursuis comme horizon.

« La simplicité est un but en soi. Ce que je poursuis comme horizon. »

Pour le côté chose, la chose qui dégage une présence par elle-même. Une poupée condense une odeur, une impression, une émotion.

Le nom est important, il éclaire ce que l’on fait et permet de comprendre la création. Il y a quelque chose d’enraciné dans le fait de mettre l’accent sur les choses simples.

[Parenthèse tout en douceur]

Une douce galerie réalisée avec des photographies de quelques poupées de Mélanie.

[Fin de la parenthèse tout en douceur]


TC : Tu as toujours créé ?

Mélanie : Je dessinais toute la journée, je peignais toute la journée mais je ne le faisais pas pour faire. C’est dans l’ennui que je me suis dirigée vers ce que j’avais. Du papier, des crayons, …
Je voyais que ma mère ne s’empêchait pas de faire donc j’ai continué. Je ne pense pas que mes parents se sont dit « nous voulons lui faire faire ça pour qu’elle soit bonne dans telle ou telle chose. ». Ma mère a toujours eu le souci du foyer. La musique, les textures, les couleurs. Au fond, je voyais des gens créer. Alors je créais aussi. Personne ne s’extasiait, ça faisait partie de la vie.

Je me souviens que je rassemblais des images, et aujourd’hui en voyant Instagram par exemple, je me rends compte que l’image a un vrai pouvoir sur ce que l’on est et qu’il faut savoir s’en libérer car tout n’est pas bon.

TC : Justement en tant qu’artiste, quel est ton rapport à Instagram ?

Mélanie : On est dans l’auto-portrait permanent. La société du spectacle où l’on se montre à travers un écran. Je fais également une sorte d’asphyxie du quotidien car il est mis en scène à longueur de comptes. Rendez-nous le quotidien !

« Sur Instagram, le quotidien est mis en scène à longueur de comptes. Rendez-nous le quotidien ! »

TC : Oui, mais tu es sur Instagram (@simpleschoses)  quand même, et tu y publies des photographies pour faire découvrir tes créations, entre autres. Instagram apporte quelque chose à la création non ?

Mélanie : Ce sont des images que je fabrique comme quelqu’un qui regarderait un catalogue. En fait, tu publies pour être regardé, et tu regardes qui te regarde. C’est une sorte de quadrillage de la normalisation. Pour être vu, il faut enchaîner les « # », en trouvant les plus percutants. C’est un lieu de compétition !

J’apprécie les comptes qui sont dans la vie incarnée, qui montrent la vie telle qu’elle est vécue.

Je pense profondément que l’on ne peut pas y arriver si l’on est habité par les images des autres. Nous avons besoin d’un isolement intime, d’intériorité. D’autant plus pour créer.

Cela me fait penser à une citation de Maria Montessori que j’apprécie beaucoup : « Personne ne peut nous aider à atteindre cet isolement intime qui nous permet d’accéder à notre univers le plus secret, le plus profond, aussi mystérieux qu’il est riche et plein. »

TC : Justement, j’allais y venir. Y’a-t-il des conditions pour la création ?

Mélanie : J’ai analysé trois conditions : « Silence, solitude et ordre ». D’ailleurs, pendant ces dernières vacances d’été, je me suis isolée et j’ai pris le temps de me reconnecter intérieurement. J’ai pu me remettre à la peinture ! (NDLR : Vous pourrez voir des illsutrations réalisées par Mélanie un peu plus tard).

J’ai pu éclore, dans un milieu qui n’était pas étouffé par les autres.

[Parenthèse tout en douceur]

Dans les champs, sur les genoux de maman, dans les bras de papa ou à l’école, voici quelques illustrations signées @SimplesChoses !

[FIN de la Parenthèse tout en douceur]


TC : Comment fait-on pour réunir cette trinité de conditions et créer ?

Mélanie : Je sens que j’ai besoin pour être une mère aimante d’avoir du temps pour créer. Alors quand mes enfants dorment, je crée. Nous savons aussi avec mon mari que nous avons « nos jardins à nous ». Alors nous nous laissons cet espace …

TC : Tu as évoqué ton rôle de mère, en le liant à ta créativité. C’est la maternité qui te (re-)connecte avec la création ?

Mélanie : Pour être une « femme moderne », on nous fait croire que le salariat est la seule chose à atteindre. Avec le salariat, selon moi, on a ôté aux gens ce pour quoi ils avaient été créés.

Le fait d’avoir des enfants me rattache à un lieu car je ne peux pas sortir de partout. Avec cela, je me suis donc demandée ce que j’avais en moi, pour trouver cette part d’humanité qui me fait vivre et qui amène la créativité. La lecture, l’écriture, la poésie, … Notre part d’humanité. Je vois la création partout !

Une infirmière qui soigne avec cœur est dans la création car il y a de l’humanité. Cette humanité m’a été donnée quand j’ai eu des enfants.

TC : La création te permet de te découvrir ? D’aller au fond de toi ?

Mélanie : Je cherche encore l’expression artistique qui me permettrait de relier tout ce que j’aime. Je ne pourrai pas faire que des poupées car j’aime lire, peindre.

« C’est un peu la permaculture de l’intérieur, tout croit ensemble »

TC : Par quels moyens te sens-tu légitime dans la création ?

Mélanie : Je n’y pense pas. Ce n’est pas parce que j’ai appris que je sais faire. Et je ne fais pas pour attendre des retours. Quand tu fais ce que tu aimes faire et que c’est juste, tu ne te poses pas la question.

TC : A quoi penses-tu quand tu fais des poupées ?

Mélanie : Je sais que mes poupées ont une fragilité (NDLR : elles ne sont pas adaptées pour les plus petits), et j’aimerais qu’elles soient des petits condensés d’univers. Un objet qui dégage quelque chose sans être « utile » et en même temps, je n’aime pas trop le côté « poupée en porcelaine » parce qu’elles ne se renouvellent pas.

Quand je fabrique une poupée, je pense donc au nom que je vais lui donner, à l’univers qui va y être associé, à mes enfants, à mon mari.

TC : Depuis combien de temps t’es-tu mise à en fabriquer ?

Mélanie : Depuis 6 ans. J’ai commencé par faire une poupée pour mon fils afin qu’il s’amuse. Puis une amie m’en a demandé une pour sa fille.

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TC : Tu peignais déjà ?

Mélanie : J’ai fait du dessin, et j’ai décidé récemment de le montrer. Un tableau, une illustration, la liberté est totale pour le spectateur.

J’aspire à l’écriture et au dessin. On se sent tellement bien quand on a trouvé sa manière de s’exprimer !

 

Quelle rencontre ! Un échange empli d’idées, de volonté d’être au monde de la meilleure manière qui soit. Une vision de la vie très ancrée dans ce qui nous caractérise, de ce qui fait notre essence d’humains. 
Et puis la création. La volonté de rechercher, de trouver quels talents et leviers activer pour être soi et s’exprimer !

Que tes créations sont belles Mélanie, et ton univers si doux et authentique ! Ta simplicité, ton naturel et ta réflexion sont de rares et beaux atouts que tu mets au service de la création. Je continuerai à te suivre … 

Pour suivre Mélanie, pour lui commander une poupée ou une illustration, vous avez plusieurs possibilités, et ça c’est vraiment chouette ! :

Son site

Son compte Instagram (rempli de douceur) : @simpleschoses

Sa boutique Etsy

La contacter par mail : simpleschoses@gmail.com

Marion Clément revisite des savoirs-faire d’antan, chapeau !

Créateurs Les faiseurs

Marion Clément revisite des savoirs-faire d’antan, chapeau !

Lorsque j’ai rencontré la bande de Wefly drone dont je vous ai parlé récemment, Corentin, un des membres de l’équipe m’a parlé d’un groupe de jeunes qu’il avait croisé la veille sur le parvis de Fourvière. Ces derniers tournaient des images afin de monter un film retraçant les rencontres faites sur leur route. Un périple à la Trotte cocotte, mais en vidéo (et pas exactement pareil non plus !).

Bref, en allant regarder leur page Facebook, j’ai pu lire un commentaire de Marion Clément, une chapelière-modiste, qui les invitait à passer à Saint-Etienne pour visiter son atelier. Ni une ni deux, je lui ai envoyé un message en lui expliquant que je serais ravie de passer à l’atelier pour la rencontrer. Nous avons réussi à faire concorder nos emplois du temps et me voilà partie à la rencontre de Marion la semaine d’après …

– – – –

En ce jeudi 20 juillet, j’arrive de Lyon en fin de matinée. Pour tout vous dire, je suis un peu déboussolée par mon arrivée en gare de Saint-Etienne Chateaucreux car le quartier est tout en travaux et vide. Je pars donc un peu à l’aventure dans les rues de la ville quand je passe devant un restaurant dont je sens la patte d’une nana qui a de la personnalité et du goût. Je déjeune donc au « Mal assis », un restaurant tenu par Camille depuis 2 ans. Nous finissons par parler. Je la remercie pour son accueil, notre discussion et son aide pour m’aider à me repérer.

Je décide ensuite de flâner dans les vieilles rues de la ville avant de chercher l’atelier de Marion.

Je l’aperçois ! Quand j’arrive, je suis époustouflée par la décoration des lieux dans un quartier qui -pour ce que j’en ai vu-, ne paye pas de mine. L’endroit est bien aménagé, sobre et classe tout en restant chaleureux.

Marion s’est en fait installée avec une artiste ! Une illustratrice à l’univers doux et poétique. Alliage réussi.

[A peine arrivée, je pose mon sac, elle me propose un thé avec un peu de citron. Je mets mon téléphone en charge pendant qu’elle s’allume une cigarette et, au son des chansons françaises qui défilent sur son mac, nous décidons de parler « à la cool », en nous tutoyant.]

– – – –

La rencontre

TC : Marion, tu es chapellière-modiste. Cela signifie quoi exactement ?

M. : Le savoir-faire du chapelier est à la base, le fait de produire des chapeaux en série et dans une usine. Le métier de modiste quant à lui s’adresse plus aux femmes. Il fait appel au sur-mesure et à l’adaptation aux formes de la tête et du visage.

« C’est un métier d’homme à la base. Quand on travaille le feutre, il est humide et très chaud. Il faut le tirer très fort sur le moule. »

TC : Comment le devient-on ?

M. : Mon parcours est un peu atypique puisque je n’ai pas choisi d’être tout de suite chapelière-modiste. J’ai une formation en design produit que j’ai eu envie de compléter par un CAP d’ébénisterie. Je te parlerai de mon parcours personnel plus en détail après si tu le souhaites !

En France, pour devenir chapelier-modiste il faut suivre un CAP. Il n’y en a, si mes souvenirs sont bons, que 2 en France à Paris et Lyon.

TC : Et finalement, toi tu t’es formée à Chazelle-sur-Lyon (entre Lyon et Roanne) et tu as décidé de t’installer à St Etienne …

M. : Oui ! Comme je te le disais tout à l’heure, mon parcours est un peu différent car je n’ai pas suivi le CAP, et que j’ai été vers d’autres voies avant. Je voulais faire quelque chose de mes mains et un jour j’ai vu passer une annonce pour un poste à Chazelle (NDLR : où se trouvent une usine et un musée du chapeau). Pendant 7 ans j’étais employée donc j’encadrais des visites du musée, et en même temps j’ai été formée au métier. J’ai surtout été formée aux techniques de la chapellerie homme et du feutre de poil de lapin. En côtoyant d’autres professionnels j’ai pu affiner ma technique et élargir mes connaissances.

Puis je suis partie avec l’envie de me mettre à mon compte. A St Etienne parce que c’est une ville qui bouge, qui est abordable, où la qualité de vie est bonne. Et nous sommes à 3h de Paris en TGV !

Dans l’atelier de Marion Clément !

TC : Ce n’était pas trop risqué ? Car quand on pense aux produits d’exception, à la mode, on pense à Paris.

M. : Non parce que le monde du chapeau est petit. Le métier est rare, il y a donc une grande solidarité. Il y a des débouchés dans le cinéma, la mode, la vente en atelier, … Au bout de deux ans je travaillais déjà pour la haute-couture.

[Une amie de Marion, anglaise débarquée à St Etienne, rentre dans la boutique accompagnée elle-même par une amie. Nous échangeons toutes les 4 ! La discussion est très chouette. Je découvre des parcours de vie. Des gens qui prennent le temps de voyager, de choisir leur vie avant de subir leurs choix. Pas évident quand l’âge défile mais il y a une vraie cohérence et beaucoup de confiance. Avec Marion, nous reprenons nos discussions après une demie-heure, quelques essayages de chapeaux et une nouvelle cigarette!]

TC : Tu nous montres que Paris n’est pas le centre de la France ! Nous sommes un peu tous déformés à force d’entendre ça … !

M. : On peut être à St Etienne et avoir des clients de Paris et de partout. Le chapeau que je couds devant toi est la commande d’un collectionneur parisien de vieux costumes.

TC : Tu as parlé de haute-couture tout à l’heure. J’ai justement pu lire que tu travaillais avec Jean-Paul Gaultier. Wouahou ! Comment arrive t’on à une telle collaboration ?

M. : J’ai été formée par des professionnels du secteur qui avaient donc un grand réseau. Je suis arrivée pour travailler sur un défilé rapidement. Une belle opportunité et un challenge.

TC : Comment travaille t’on dans ces cas là ?

M. : Je pars pour travailler 15 jours / 3 semaines dans la maison, selon les besoins. C’est comme une petite famille, tout le monde se connaît. Au début j’étais impressionnée mais à force, je ne me rends plus compte, c’est normal de travailler là-bas.

TC : Et tu veux rester à Sainté ? L’atelier tourne ? Ou tes clientes sont surtout sur internet ?

M. : Oui je veux rester à Sainté parce que j’y suis bien. Jusqu’à l’automne 2016 je travaillais sans être au contact des clientes. Et avec Rugiada (une illustratrice avec qui elle a décidé d’ouvrir l’atelier) que j’ai connu à la coopérative à laquelle nous sommes rattachées encore aujourd’hui, nous avions envie d’un lieu pour présenter nos créations et être au contact des clientes.

Depuis 2 mois, j’ai aussi un site (NDLR: lien en bas de l’article) pour que les clientes qui ne peuvent pas passer à l’atelier puissent faire des achats ou passer commande facilement ! 

« Je fais comme les paysans, je fais de la vente directe »

L’atelier commence à tourner. Une clientèle de proximité !

Un aperçu des collections 2017 !

TC : Porter un chapeau est une forme d’élégance qui revient ?

M. : Avec un chapeau, il y a un jeu de caché, de voilé. Ça met en valeur le visage quand on trouve la forme qui nous convient.
On peut s’habiller avec des habits très simples et tout de suite ça habille, ça donne de la classe et ça finit la tenue.

« Le chapeau ça fait des vagues, ça revient toujours »

TC : Et au final, comment tu fais tes chapeaux ?

M. : Cela dépend de la matière que j’utilise et de la technique qui va avec. J’apprends surtout en faisant ! (Sourires). Je pars de formes classiques et j’innove plus sur la couleur, la garniture … En fait, je suis obligée de rester classique car sinon cela fait peur !

[Nous finissons notre discussion en parlant de son statut juridique et de tout ce que cela entraîne. Elle est auto-entrepreneur et voit bien que la précarité qu’il fait naître. Nous savons que nous aurons sûrement plus de mal que nos parents pour vivre et que certains acquis vont disparaître faute de moyens.]

Pour être tenu au courant des actualités de l’atelier :

Le site 

La page Facebook 

Le compte Instagram

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Je remercie Marion pour sa capacité à m’avoir dit de passer à l’atelier dès que je l’ai contactée !

Elle a su me faire goûter à ce qui lui plaît dans son métier et à sa manière de travailler. L’atelier est un petit endroit tout joli dans une rue « banale ». Avec Rugiada, elles la dynamisent et participent au mouvement entrepreneurial que j’ai pu voir à Saint-Etienne à travers les rues !

Je sens bien que tout n’est pas rose car choisir un métier rare n’est pas forcément évident. Mais elle innove pour que des savoirs-faire d’antan puissent servir la mode d’aujourd’hui ! Merci !

L’abeille du Mont-Blanc, du miel au sommet !

Artisans Les faiseurs

L’abeille du Mont-Blanc, du miel au sommet !

Il y a des gens qui comme ça, nous étonnent par leur capacité à rebondir, leur courage et leur force de caractère.

Je vous emmène tout de suite à plus de 1600 mètres d’altitude à la rencontre de Joël Martin, un apiculteur mais surtout « un gars » pas vraiment comme les autres.

D’ailleurs, comme il est « montagne, fleurs, abeilles », vous ne le verrez pas ! Il préfère mettre en avant ses abeilles, et parler de l’essentiel, son miel.

« Ce n’est pas du miel, c’est du prestige »

Nous nous sommes installés sur la terrasse du restaurant qui lui sert de base arrière, sous un soleil qui commençait à tirer sa révérence. Nous voilà partis pour un échange sans langue de bois. Les abeilles étaient les reines, et tant mieux car c’est devenu bien rare …

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Le restaurant Lou Pachran est un point de distribution du miel. Si vous voulez croiser Joël, pas de doute, il sera là en fin de journée !

– – – –

Le déclic

C’est au moment où Joël est tombé malade que le déclic s’est fait. Lui qui a commencé à travailler dans le bâtiment dès sa sortie de l’école à 14 ans, n’a pas réussi à trouver le soutien qu’il espérait lorsque sa situation s’est dégradée.

Sans emploi et sans logement durable, il s’est remis en question. Intéressé par les abeilles depuis longtemps, il a alors demandé à l’un de ses amis « épicurien », de lui prêter de l’argent pour acheter un camion. Il a de son côté acheté quelques ruches qu’il a montées lui-même et l’aventure commençait …

L’abeille du Mont-Blanc

Depuis 2015, cette aventure c’est « L’abeille du Mont-Blanc ».  (Vous excuserez Joël qui n’a pas encore un site parfait. Il a le mérite d’en avoir un malgré une vie à 100 à l’heure, un peu déconnectée du net d’ailleurs !)

Les ruches de Joël se situent au dessus de la commune de Passy, une ville de la vallée du Mont-Blanc tout près de Sallanches et St Gervais les Bains-Le Fayet. Cette commune s’est engagée à ne pas utiliser de pesticides (comme le montre ce document notamment, à la page 16).

Mettre ses ruches dans une zone de montagne préservée et protégée, c’est au fond, produire et récolter du miel « bio ». Le refus de l’appellation « AB Bio » pour son miel, Joël l’a fait en conscience, considérant que beaucoup de contraintes du cahier des charges étaient hypocrites et axées « business du Bio ».
Il sait ce qu’il fait, il fait du bio, et est certain que la qualité de son miel parle pour lui. Vous le verrez plus tard, les faits lui donnent raison !

L’année dernière, en 2016, Joël a tout perdu. Ses ruches et son miel ont disparu. Il a donc dû tout recommencer cette année. C’est désormais entouré de Maya qu’il visite ses abeilles.

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Maya, fidèle compagnon de Joël !

Il est encore aujourd’hui régulièrement braconné et aimerait alerter au delà de sa page Facebook « L’abeille du Mont-Blanc » sur ces faits inadmissibles.

Il retrouve régulièrement des essaims sûrement malades à la place des siens quand ce ne sont pas des ruches qui manquent.

Son succès et sa manière de travailler semblent faire des jaloux. Il faut dire que pour le coup, de belles rencontres lui ont donné un coup de pouce bienvenue !

Je ne rentrerai cette fois-ci pas dans les détails de la production du miel car je n’ai pas eu le temps d’enfiler une combinaison de protection afin de m’occuper des ruchers avec Joël, mais j’espère un jour pouvoir le faire. Sachez qu’en ce moment, les abeilles commencent leur hivernage,après avoir produit des kilos de miel depuis le début du printemps !

Les bonnes rencontres, au bon moment

Un peu par hasard, en contactant le fondateur d’un site où il avait acheté des produits de qualité avec son ami épicurien, Joël a été mis sur le chemin de Jean-Marc Tachet, un meilleur Ouvrier de France 1993 très connu dans le monde de la gastronomie. Ce dernier est d’ailleurs « Toques françaises » de l’année 2017.

Jean-Marc Tachet a sélectionné le miel de Joël car c’est un produit d’exception. Vous saurez à la fin de l’article sur quelles tables prestigieuses ce miel sera consommé grâce à cette rencontre … !

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Le miel « L’abeille du Mont-Blanc » sélectionné par Jean-Marc Tachet. (Crédit : Jean-Marc Tachet)

Au milieu de toutes les personnes qui ont aidé l’apiculteur, il y a aussi le maire de Passy. En permettant la location d’un local pour extraire le miel et mettre les ruches, il a soutenu Joël.

C’est aussi ce dernier qui a accepté que l’apiculteur mette ses ruches sur le territoire de la commune.

« Passy est un petit joyaux »

Alerte abeilles !

Là encore, le sujet mériterait d’être développé car il y a beaucoup de choses à dire et surtout, il y a URGENCE !

Pour le dire simplement, les produits nocifs qui sont notamment utilisés pour l’agriculture retombent par la pluie ou se baladent dans l’air que nous respirons tous. Ils ont un effet désastreux sur l’Homme, nous commençons à le savoir, mais aussi sur les abeilles qu’ils perturbent et rendent stériles.

Or, la santé des abeilles est un marqueur de la santé d’un écosystème ! Il y a de quoi prendre peur quand on voit l’état des ruches un peu partout sur la planète …

Face à cela, les gouvernements et l’Union européenne pour ne citer que le continent européen, votent l’augmentation des doses de pesticides utilisables par les agriculteurs. Inconscience …

« L’avenir de l’abeille est très sombre »

De plus, l’idée que la pollinisation puissent se passer du vivant dans les prochaines années est fausse. « C’est intenable,car 90% de la pollinisation mondiale est réalisée par des insectes sauvages. » me dira Joël.

La pénurie de miel entraîne d’ailleurs depuis quelques années de vastes trafics. Le miel n’est pas du miel mais un liquide très sucré.

Comme s’il ne voulait pas finir sur une note trop négative, Joël ajoutera que le préfet est incité par une directive de l’Union européenne à faire s’installer des apiculteurs. Espérons que les consciences se réveillent pour déjouer le drame qui se profile !

Les projets

Joel habite toujours en foyer d’habitat solidaire mais il est confiant ! Ses ruches se portent bien et il a de beaux projets à venir.

Notamment l’intégration aux « Arches métropoles de Sallanches » !  Un vaste ensemble commercial dans lequel il disposera d’une boutique pour distribuer son miel aux clients de manière plus « formelle ».

Et pour faire cesser le suspense, sachez que dès l’automne, le miel de Joël se retrouvera sur les tables de l’Elysée. Après les autochtones, Paul Bocuse, et d’autres, le miel ira donc ravir les papilles des visiteurs du plus haut sommet de l’Etat.

Pour découvrir, acheter le miel de Joël ou suivre l’évolution de son projet, vous avez plusieurs possibilités : 

Je sais qu’il ne le prendra pas mal, alors je vous le dis ! Ne pensez pas que le miel de Joël est à la hauteur de son orthographe, car c’est tout le contraire.

J’ai eu la grande chance de me voir offrir un pot de miel de la part de Joël. Il est délicieux, alors je vous encourage à le goûter si vous appréciez ce merveilleux nectar !

La page Facebook

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Joël m’a beaucoup touchée. J’ai senti un homme profondément libre, qui vise l’exception. S’il parle sans difficulté de moments chaotiques de sa vie, c’est encore de ses abeilles dont ils préfèrent se préoccuper. Il les chouchoute et elles le lui rendent bien.

J’ai reçu une belle leçon de vie que je vous transmets : toujours y croire même dans le noir ; oser faire de la qualité quand tout pousse au contraire.

Wefly drone : le souci du beau dans l’audiovisuel.

Les faiseurs

Wefly drone : le souci du beau dans l’audiovisuel.

Après ma halte en Bourgogne, j’ai rallié Lyon afin de passer entre autres, une journée en compagnie de l’équipe de Wefly drone, une entreprise de production audiovisuelle.

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Un drone en vol (Crédit photo : Wefly drone)

Je devais initialement participer à une journée de tournage mais le temps en a décidé autrement.

Rendez-vous est donc pris au sein de l’agence, en pleine campagne du « Beaujolais des pierres dorées ».

L’ambiance WeFly drone

Chez Wefly drone, l’ambiance est cadrée mais décontractée. Louis-Frédéric et Corentin travaillent chacun sur leur PC dans la même pièce. Aude, est également de la partie la plupart du temps mais quand j’arrive, elle est en vacances.

La communication, c’est leur truc ! Chacun a ses missions mais le dialogue et la réflexion font partie intégrante de leur manière d’envisager les choses.

Comme sur leur logo, quand l’un à « la bonne idée », l’ampoule s’allume, prête à éclairer le projet !

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Car oui, la lumière est au cœur. Au cœur des prises de vue qui peuvent durer si longtemps pour si peu de secondes … Sur un tournage, l’équipe de Wefly peut effectuer jusqu’à 1 heure de prise de vue pour ne garder que 2 secondes d’images.

 

Et puis il faut aussi gérer l’écriture des scénarios. Louis-Frédéric me le répétera plusieurs fois au cours de la journée, un film qui est réussi, c’est un film qui est écrit, ça c’est certain !

« Un film qui est réussi, c’est un film qui est écrit, ça c’est certain ! »

Interpellée par la minutie et le professionnalisme avec lequel Corentin et Louis-Frédéric envisagent chaque tournage, j’ai envie de rentrer dans les détails. Place aux détails, donc ! 

Les étapes de création d’un film

Ils m’expliquent en les illustrant, chaque phase d’élaboration d’une vidéo. Que celle-ci ait une visée « corporate », de présentation d’une marque, d’un produit ou d’un service ou enfin événementielle.

[Un exemple de video evenementielle]

[Un exemple de video realisee pour une ville]

Tout d’abord, il faut aller à la rencontre du client afin de saisir ce qu’il souhaite faire passer comme message et récupérer ses exigences. Vient tout de suite après, l’écriture de scénarios à partir duquel le tournage est bâti. Plusieurs scénarios sont proposés au client. C’est maintenant l’heure de travailler le montage des prises de vue.

Le film est ensuite présenté au client puis finalisé.

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Ce qu’on appelle, se « mouiller en tournage » !

Pour Louis-Frédéric, la partie la plus plaisante est le tournage. Ecrire un scénario, tourner des images pour faire rêver et pour donner envie. Il faut trouver la bonne musique, les bonnes idées !

« Faire rêver, un peu un métier de gosse professionnalisé »

Une aventure entrepreneuriale

L’aventure entrepreneuriale Wefly entre dans sa 4ème année. C’est un succès pour Louis-Frédéric qui s’est lancé sans compter ses heures, dans la production audiovisuelle !

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Une photo avec une partie de l’équipe, pour immortaliser mon passage !

Lui qui a toujours rêvé de créer sa boîte parce qu’il déteste faire toujours la même chose, est servi. Il enchaîne démarchage, tournage, montage, présentation, rendez-vous, et bien d’autres choses.

Quand on sait que Wefly est né d’une discussion sur les drones avec l’un de ses frères, on mesure le chemin parcouru. Il est alors tout jeune et vient de finir ses études « ultra larges » en école de commerce. Travaillant depuis peu dans le secteur de la grande distribution avec l’envie de racheter un commerce en franchise, Louis-Frédéric est loin d’imaginer que peu de temps après il passera ses soirées à se former dans le domaine du drone et de l’audiovisuel tout en commençant à rêver un projet concret d’entreprise. 

« Je n’y connaissais rien, c’est ça qui est dingue »

Ayant acquis assez de connaissances et de confiance, il se met à démarcher des clients. Les difficultés arrivent tout comme les portes dans le nez. Mais il continue.

Pendant 1 an Louis-Frédéric ne s’est pas rémunéré. « Il faut aimer bosser », car tout ne coule pas de source. C’est sa femme qui l’a aidé car elle « y croyait » quand personne autour de lui ne suivait. Il essuyait des refus, des promesses, et puis …  « Aujourd’hui, le bouche à oreille c’est 100% de WeFly ! »

Même si rien n’est jamais vraiment acquis, les projets vont bon train et nous retrouverons peut-être un jour le nom de Louis-Frédéric en haut de l’affiche. C’est tout le mal que je lui souhaite … !

« Tu crées une entreprise car tu as soif de liberté et parce que c’est très épanouissant pour un homme. Enfin, si ça marche, c’est très épanouissant ! »

Pour découvrir et suivre le projet, vous avez plusieurs possibilités :

Le Site

La page Facebook

Le compte Instagram

Avec l’équipe de Wefly, j’ai pu saisir au plus près, la notion du beau dans l’image audiovisuelle. J’ai vu des gens pour qui leur métier est une passion, qui ne comptent donc pas leurs heures pour satisfaire des clients de tous horizons.
On sent une réelle exigence dans le travail accompli. La volonté de se remettre en question, de suivre les évolutions technologiques, de se former sont autant de marqueurs de cela. La « patte » Wefly est à l’image de leurs valeurs et personnalités : carrées mais pas cassantes, fermes mais agréables …
Je leur souhaite une belle continuation et toujours plus de belles images à tourner, sans oublier de nous les partager !

Suivez les fleurs, au bout Eléonore M !

Créateurs Les faiseurs

Suivez les fleurs, au bout Eléonore M !

Lyon, Vieux Lyon, le 19 mai 2017.

On dit souvent qu’ « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Eléonore ou Eléonore M, je le pense, fait partie de ces âmes au talent fou, qui ont osé, bien avant de voir leur fraîcheur se faner !

Une jolie tignasse blonde, un univers poétique, un brin mystérieux. Une liberté affichée dans un univers composé de nature, de photographies, de fleurs séchées et de dessin.

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Elle me donne rendez-vous dans un lieu atypique du Vieux Lyon, mais les gérants travaillent sur un projet, il est donc fermé jusqu’au lendemain. Nous commençons à discuter en cherchant une autre halte. Rencontre.

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TC : Il y a un an, je découvrai un univers poétique, un peu rustique, qui nous plongeait à l’intérieur d’une chaumière. Bons petits plats, déco d’antan … Une promenade. Pourquoi interrompue ?

E. : Lorsque j’étais petite, je me promenais souvent avec mes parents et mes sœurs dans les prés et sur les chemins de Chartreuse où nous vivions. Il nous arrivait très souvent de nous arrêter sur des fleurs, ou de nous interrompre pour regarder un bel oiseau, une maison avec une grande cheminée …
Nous étions dans l’éloge de la simplicité, des bonheurs simples, des petites choses … Il y a quelque chose de dynamique dans la diversité de la nature, de changeant, un appel au voyage et en même temps d’enraciné. S’interrompre sur les choses essentielles. Être en prise avec les éléments, être dans la vie.

Une promenade interrompue en somme …

TC : D’où t’es venue cette envie de rêve, d’univers poétique, de créativité ? Qu’est ce qui t’a poussée, alors que tu es si jeune, à te lancer ?

E. : J’ai toujours été manuelle, avec une feuille et un crayon. Je montais dans les arbres, sautait dans la gadoue, vivais ! Mes parents nous (NB : ses deux sœurs et elle) ont éduquées dans la créativité, laissant notre imaginaire se développer. Petit à petit… Pour moi ce n’est pas un effort de créer, cela se fait de manière évidente.
J’ai toujours été dans des filières générales et plutôt intellectuelles à l’école (elle a suivi une prépa Khâgne) mais pour autant je ne suis pas qu’« intello et rat de bibliothèque ». J’ai besoin de bouger, de voyager, de faire des choses manuelles. J’ai donc quitté la prépa pour aller à la fac en patrimoine. Pour moi, se débrouiller, faire des choses nous-mêmes, être proche des autres est un aboutissement de l’éducation.

« Pour moi, se débrouiller, faire des choses nous-mêmes, être proche des autres est un aboutissement de l’éducation »

TC : Tu t’es lancée « réellement » il y a 4 mois. Comment ça se passe ? A quelles ressources as-tu fait appel pour y aller ?

E. : On m’a poussée à me lancer. Il y a quelques mois Amandine et Arnaud m’ont encouragée à sortir de cette bulle, d’Instagram et des autres réseaux sociaux pour passer plus au-devant de la scène et des gens. Ce n’est pas le fruit d’une ambition ou de quelque chose de réfléchi. Ça a donc été excitant, très stressant … Un vrai challenge ! J’ai eu 1 mois pour passer du statut de blogueuse à prestataire sur un festival … Je devais m’y rendre pour poser des questions et finalement on m’en a posées ! Tout ce que je fais part de l’instinct, c’est donc parfois bon et parfois mauvais. Je me culpabilisais parce que je n’avais pas les « techniques » pour réaliser mes créations. Je suis donc moins dans la performance que dans le plaisir de faire quelque chose qui me ressemble. Je ne suis sûrement pas aussi efficace (stress, nuits de fatigue, …), c’est imparfait, mais au fond c’est personnel. Et authentique.

[Parenthèse tout en douceur]

 

Un extrait du shooting réalisé par Eléonore à l’occasion de la fête des mamans 2017. Vous pouvez retrouver Anne-Sophie avec ses jolies petites Perline et Myrtille. Elles portent des couronnes de fleurs séchées réalisées par Eléonore <3

[FIN DE LA PARENTHèse tout en douceur]

 

Plus tard, je veux me dire que j’ai fait quelque chose qui me ressemblait !

« A quoi ça sert d’être comme les autres ? »

Je fais aussi appel à une autre ressource. Ma famille. Nous sommes tous des créatifs. Mes deux sœurs sont mes meilleures amies. Mon grand-père est éditeur et s’est fait « tout seul », ma mère peint, mes tantes aussi, … Et puis il y a mes amis.

TC : Quand je vais sur ton blog ou tes réseaux sociaux, je vois apparaître régulièrement les mots « folk », « boho », « romantic », « lifestyle », « style », « flowers », « design ». Tous ces mots peuvent-ils être associés ?

E. : J’utilise beaucoup de termes ! Boho faire référence à « bohème ». Un esprit indépendant, sur les routes. C’est aussi des inspirations musicales. Mes parents n’avaient pas de voiture quand nous étions enfant et c’est toujours le cas. Par choix et par convictions. Le sens du mot promenade prend donc un sens particulier pour moi, vous comprendrez ! (Sourires)

Marcher pieds-nus dans les champs, à danser, à se promener …

Folk pour le côté rustique, authentique. La musique folk Bob Dylan, … Cela me vient de mon père passionné de vinyls. On les écoutait dans l’herbe, les yeux fermés. Sauvage, mystique, vagabonde sont aussi des mots que j’emploie souvent.

Le design enfin pour le côté futuriste. J’aime beaucoup mêler le moderne à l’ancien. Des fleurs avec en même temps des choses très épurées.

Retrouvez un autre shooting d’Eléonore M, « les ailes du désir » dans un esprit épuré, relevé grâce à ses jolies couronnes !

TC : La mouvance « green », qu’en penses-tu ? Un défi que nous avons à relever ?

E. : Je ne parlerais jamais d’amour des arbres, des champs, si je n’aimais pas la nature. Le « green », « l’écolo », c’est celui qui aime la nature. Pas forcément quelqu’un qui s’est engagé en politique. On ne pourra pas passer radicalement à une vie en autarcie. Il faut un changement global des mentalités. Une évolution petit à petit. Je suis sensible aux projets locaux, au travail des petits producteurs.

L’amour des belles choses et des bonnes choses, tout est lié à l’amour de la nature. J’aime la nature donc je la respecte, je la photographie, et je fais des choix quotidiens dans ce sens.

TC : Je suis impressionnée par l’importance que tu accordes au « fait-main » …

E. : C’est nécessaire pour moi ! Une expression, un épanouissement, de la détente. On se reconnait dans ce que l’on a construit. J’aime moi-même avoir des choses faites par les autres. Quand je fais quelque chose, je pense à celui qui va recevoir l’objet.

« C’est imparfait, mais vivant ! »

[Parenthèse tout en douceur]

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Un dessin réalisé par Eléonore M

[FIN DE LA PARENTHèse tout en douceur]

 

Comme un guide, une route à suivre, Eléonore se rappelle du message que lui ont fait passer ses parents, artistes eux aussi. Elle me dira donc : « J’ai envie d’être libre. Mes parents m’ont fait passer ce message ».

 

Je ne m’étais donc pas trompée : Eléonore a un talent fou, une manière d’en parler qui passionne, qui donne envie de rentrer dans son univers. La liberté y est une valeur maîtresse !

 Eléonore, j’ai été plus que ravie de pouvoir échanger si longuement avec toi sur nos projets respectifs, sur tes créations, tes rencontres, tes envies, ton univers et la Vie, tout simplement.

Je te souhaite de persévérer dans ce chemin de la création et de l’entrepreneuriat qui ne sont pas si faciles. Et puis, de rester si fraîche, si abordable, si simple et lucide.

Pour suivre Eléonore, vous avez plusieurs possibilités, et ça c’est vraiment chouette ! :

Son site

Son compte Instagram (une petite merveille) : @eleonore__m

Sa page Faceboook

Son adresse mail pour toute demande : lapromendadeinterrompue@gmail.com

[pour laisser s’envoler vos pensées, une dernière réalisation signée eléonore m pour la naissance d’une petite jacobée]

 

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Jean-Marie : de la ville au fournil !

Artisans Les faiseurs

Jean-Marie : de la ville au fournil !

La campagne frétille depuis quelques années ! De nombreux citadins lassés de la ville ou de leurs conditions de vie parfois difficiles dans les agglomérations, décident de tout quitter pour entamer un nouveau chapitre en milieu rural.

Jean-Marie Quignard est un homme souriant et accueillant. À 8 heures du matin ce jeudi 6 juillet, cela fait déjà 2 heures qu’il travaille dans le fournil (De mon côté, je n’ai pas réussi à me lever à l’heure !). C’est la reprise, il faut retrouver le rythme soutenu de la vie du fournil d’Antigny. La chaleur étouffante qui s’annonce a de quoi effrayer. Mais il est passionné ! Il me dira même que le mauvais temps dans les Alpes suisses où il vient de passer des vacances avec sa femme et ses deux jeunes enfants, lui donnait envie de rentrer travailler au fournil.

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Le germe du projet

Son projet d’une activité de boulanger artisanal en bio a mûri pendant quelques années alors qu’il était installé dans l’Isère avec sa femme, exploitante dans un GAEC.

Cet ancien boucher dégoûté de son travail en grande surface a été un temps berger, chaudronnier, et s’est formé à d’autres métiers sur le tas. Un touche à tout à qui la Bourgogne manquait … Et s’il aménageait en fournil l’ancienne grange de son grand-père bourguignon, puis profitait du hangar situé à proximité pour y construire sa maison avec des matériaux naturels ? Drôle d’idée lui disaient les habitants du village ainsi que sa famille, tous interloqués par l’arrivée de ces habitants d’un genre nouveau !

Déjouer les pronostics

Voilà 6 ans que Jean-Marie, soutenu par sa femme dans son entreprise déjoue les pronostics. Quand il s’est installé, pas grand monde dans le coin ne donnait cher de sa peau. Lui n’était pas satisfait de ses recettes (qu’il a rodées pendant 2 ans environ), pendant que ses premiers clients le remerciaient. Il a également fallu se faire une place sur les marchés, un graal bien difficile à obtenir parfois. Aujourd’hui c’est même l’inverse, un maire affolé l’a récemment appelé pour qu’il continue à venir au marché du village !

Mais au final, l’aventure est belle et le projet a décollé. Au point que Jean-Marie espère même qu’un autre boulanger comme lui va venir s’installer afin de travailler en bonne intelligence pour satisfaire la clientèle qui grossit de mois en mois.

Si vous passez dans le coin d’Arnay-le-Duc, n’hésitez pas à passer au fournil d’Antigny(-la-Ville) ! Vous y serez bien accueillis et les saveurs retrouvées vous feront oublier les 5km de détour !

La dynamique est lancée

Et puis, il y a eu l’installation d’un maraîcher bio il y a 1 an et demi. Quand il a appris cette installation, ni une ni deux, Jean-Marie a contacté ce nouvel arrivant.
Ensemble ils ont monté un marché bio devant la grange du maraîcher. Tous les jeudis, à une dizaine de kilomètres d’Arnay-le-Duc, les gens se pressent pour récupérer leur panier de légumes, acheter leur pain au levain, leur fromage et des tisanes.
Car oui, d’autres jeunes couples se sont installés depuis et les projets vont bon train.

La campagne se dynamise au grand bonheur des habitants qui se pressent pour consommer des produits sains et locaux !

Un projet de vie

Venir ou revenir s’installer à la campagne est aujourd’hui un vrai choix de vie, loin de la facilité. Il faut tout d’abord une idée ! A la base de tout, elle va permettre de bâtir un projet. Que ce soit à titre professionnel ou pour y vivre, le changement est radical.

Le calme donne une liberté inégalée … Je me suis aperçue que c’est souvent l’envie ou le besoin de liberté qui pousse les gens (de la ville) à s’installer à la campagne.
Ils peuvent travailler des produits sains s’ils le souhaitent et s’organiser différemment.
Jean-Marie est revenu à la campagne avec sa famille et son projet, dans l’objectif d’y vendre lui-même sur les marchés ses pains et brioches « bio ». Du lien s’est tissé avec sa clientèle qu’il a appris à connaître !

Et puis, malgré des horaires chargés, la vie est douce. Elle oscille entre potagers, fournil et marchés. Dans une maison à la chaux, où les panneaux solaires alimentent le four qui permet de dorer -exemple pris au hasard !- un bon gâteau au chocolat-courgettes ! Ne faites pas cette mine-là, c’est délicieux !

Mon œil de citadine préoccupée par la campagne et la ruralité, ne peut qu’être époustouflée par ce qu’il se passe dans notre pays. J’ai senti une dynamique en Bourgogne, et sais d’avance que partout des projets poussent ! Déjouant les pronostics et les qu’en dira-t’on, des jeunes s’installent et se bougent pour cultiver et fabriquer des produits de qualité, tout en trouvant un équilibre de vie familiale sain. Ils endiguent –c’est encore trop peu mais soyons patients- la désertification des campagnes et son endormissement grâce à leurs projets ingénieux qui touchent aux défis de notre société. Produire sainement, vendre en circuits courts, remettre du lien, etc …

Je tiens à remercier chaleureusement Jean-Marie qui m’a laissé façonner des pains au levain alors que je n’avais pas encore le coup de poignet !

Bravo pour la dynamique que vous lancez dans des petits villages qui ont tant besoin de renouveau !