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Vue du Perchoir

Cocotte caquète #3 : un travail tu trouveras !

Après une loooongue absence sur le blog, voilà un 3ème article #confessionsintimes ! Entre une formation professionnelle pour maîtriser une technique artisanale dont j’ai hâte de vous parler dans les semaines ou petits mois à venir, et la recherche d’un travail, il s’est passé du temps, et beaucoup de choses !

D’ailleurs, j’aimerais bien vous parler d’une de ces petites choses qu’il m’est arrivée, tout simplement parce que j’ai su que des mésaventures du même genre étaient aussi arrivées à plusieurs amis et que cela m’a laissée perplexe, très perplexe. Plongée dans l’univers impitoyable du recrutement.

Le « process » de recrutement

Loin de moi l’idée d’accuser ou de pointer du doigt qui que ce soit, mais plutôt l’envie de parler d’un système à bout de souffle, qui broie les gens et fait perdre leur temps au recruteur et au candidat.

Fin janvier, faisant naviguer ma souris sur les pages d’un site connu pour proposer des emplois dans des startups, je tombe nez à nez avec plusieurs offres d’emplois qui me motivent. L’une vient d’une grosse entreprise de l’édition (dont j’apprécie particulièrement les publications), ce n’est pas une startup mais soit !

Ni une ni deux, je remets mon CV à jour pour y intégrer ma nouvelle formation professionnelle, je prends mon clavier et j’envoie ma candidature.

Quelques jours plus tard, en fin d’après-midi, un Monsieur m’appelle me précisant que ma candidature a retenu son attention. Il me propose de nous rencontrer. Ravie, je lui réponds que je souhaite me plier à son emploi du temps. Le rendez-vous est pris en début d’après-midi le lendemain.

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2 jours plus tard, il me rappelle pour me dire que son directeur (le directeur d’un département important de l’entreprise ainsi que la DRH souhaiteraient me rencontrer l’un et l’autre en début de semaine suivante).

J’accepte donc ces 2 prochains entretiens. Toutefois, je m’étonne intérieurement du process de recrutement qui me paraît surdimensionné pour un CDD de 4 à 5 mois.

Le lundi matin, je prépare donc mes entretiens quand je reçois un mail m’indiquant d’apporter une lettre manuscrite. Je m’exécute donc immédiatement, recopiant ma lettre de motivation. 2 heures plus tard, ce dernier m’appelle me faisant part d’un changement de dernière minute ; la DRH n’étant plus disponible pour me recevoir le jour même mais le lendemain.

Je retournerai le lendemain, quand on aime, on ne compte pas.

La recherche du mouton à 5 pattes

Les entretiens passent, les échanges sont bons et fructueux. Je dois quand même à chaque fois justifier mes choix, dont celui de n’avoir pas voulu poursuivre dans le domaine du droit à la suite de mon échec au CRFPA (entrée à l’école des avocats) ou de n’avoir pas « retenté » au moins une fois l’examen.

J’explique donc mon long cheminement, celui qui m’a poussé à changer de domaine, forte de compétences juridiques, rédactionnelles et orales ainsi que des formations que j’ai pu suivre seule comme les MOOCS. A priori, ces compétences sont d’une grande aide dans les boulots auxquels je postule puisqu’il s’agit pour moi de rédiger, de conseiller des clients, de faire de la communication.

Mais je dois apporter des travaux, justifier mes expériences, mon CV, montrer que l’on peut me faire confiance, que je ne suis pas née de la dernière pluie et que j’ai acquis de vraies compétences.

Je ressens une pression énorme pour un CDD qui n’est pas non plus incontournable pour le fonctionnement de l’entreprise. Je sais que je suis largement capable de mener à bien les missions, d’être même force de proposition et d’aller plus loin s’il le faut.

L’offre d’emploi dont les missions sont claires et affichées deviennent soudain compliquées. Je comprends que l’on recherche un profil type, avec des traits de mouton. Oui, de mouton à 5 pattes.

Un peu comme celui qui essaye de se dépatouiller juste en dessous :

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Un mouton dont l’écriture a été scrutée. Imaginons que je sois totalement stressée ou malade, j’imagine que l’analyse graphologique aurait permis de le découvrir. Et que surtout, on m’aurait vite renvoyée chez moi !

Au final, alors que je vis à Paris, c’est un salaire de misère qui m’a été annoncée. Pas bien plus élevé qu’un SMIC mensuel. J’ai été blessée, blessée qu’on ose me proposer.
Comme je suis blessée lorsque cela arrive à d’autres.

Indécent pour une personne qui se bouge et qui prouve qu’elle en a envie, et qu’elle est motivée !

J’ai donc refusé de céder et l’histoire s’est terminée là. Déçue quand même d’avoir été retenue pour finalement ne pas être reconnue par une rémunération décente. Eux ayant pris le temps de me faire recevoir par 3 personnes sans tenir compte dès le début de la rémunération minimum que j’avais annoncée.

[Je fais une parenthèse pour vous parler de cette amie qui a vécu la même chose après 5 entretiens. Ou de cet autre ami qui après 8 entretiens et un stage d’immersion à l’autre bout de la France s’est vu entendre que « depuis le début il n’y a pas de poste pour son profil.]

Le couperet des « profil types »

Cette histoire me laisse tout de même songeuse. J’ai senti à plusieurs reprises, et notamment lors de ma rencontre avec la DRH la totale ignorance de la réalité des jeunes sur le marché du travail aujourd’hui.

Elle a eu beau défendre les MOOCS mis en place par son entreprise, pionnière, c’est vrai, dans ce type de proposition à destination de ses lecteurs, cela n’a pas eu l’air de la rassurer quant à ma motivation et mes compétences.

J’ai plusieurs fois entendu des amis me répéter les mots de leurs professeurs, « le droit mène à tout, à condition d’en sortir ». Des études très théoriques, qui donnent un excellent socle de connaissances mais qui ont du mal à être reconnues par des recruteurs hors domaine. Las des études, j’ai choisi de prendre du temps le soir ou en journée pour travailler des matières qui m’étaient inconnues. J’ai fait évoluer mes compétences et mon vocabulaire, je me suis payée des formations courtes et efficaces. Mais quand je me retrouve nez à nez avec une DRH d’un certain âge, toute ma bonne volonté semble niée.

C’est une dure réalité, les jeunes y sont confrontés. On nous demande de choisir notre voie à 18 ans. Et quand à 23, on se rend compte qu’on aimerait affiner, poursuivre, évoluer, mieux se connaître encore pour mieux savoir, des recruteurs sans courage ou soumis à un système de placement de pions (au choix), ne nous font pas confiance nous reprochant notre passé. Gare à ceux qui sont « hors case » !

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A tous ceux qui parfois désespèrent un peu de ce monde du travail standardisé, où la personnalité du candidat est épluchée en long, en large et en travers par des questions incessantes ou des algorithmes car il ne faut  surtout pas faire de « mauvais recrutement », tenez bon ! Le monde du travail nous montre d’entrée de jeu son visage dur, à nous de tenir bon.

L’avenir est à nous ! J’ai pu voir que les lignes frétillaient à plusieurs reprises en rencontrant des « opérationnels » ou des chefs d’entreprise ouverts … A nous de provoquer le changement !

En attendant, le courage a tendance parfois à s’évanouir quelques jours face au rouleau compresseur « cases-argent-productivité ».

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