Paris-x-La-neige

Vue du Perchoir

Paris x La neige : association affolante !

Au début de la semaine, la région Île de France pour ne citer qu’elle, a été recouverte d’un grand manteau blanc.

Après les inondations et le kite-surf dans les rues de certaines villes franciliennes, les pistes de ski ou les patinoires publiques et gratuites ont ouvert leurs portes.

Comme à chaque épisode neigeux, la circulation a été très, très, très difficile aux abords de Paris et dans la ville.

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Cela a permis à tout le monde de s’exciter sur les parisiens soi-disant paralysés avec 1 centimètre de neige sur leurs routes et trottoirs. Sans être une parisienne pure souche, je vis à Paris et je dois dire que ce lynchage médiatique et « provincial » a le don de me mettre hors de moi. Car la caricature est grotesque et qu’elle fait diversion. Pendant que l’on se rit des parigots, on évite de faire la lumière sur les vrais sujets.

J’en ai identifié 3 dont je vais vous parler par ordre d’importance, en partant du moins « préoccupant » à mes yeux pour aller vers celui qui me touche le plus.

Vous me direz s’il en est de même pour vous ! 😉

Les bouchons

Ah ces sacrés bouchons ! Prenez le périph’ un mardi matin en jour de trafic « normal », ca ne roule pas de manière fluide. Imaginez maintenant qu’on y rajoute des chutes de neige, et 10 centimètres au sol. Les choses se compliquent sérieusement.

Je n’ai pas la télévision chez moi, j’ai donc été épargnée par les traditionnels JT consacrés entièrement aux 10 centimètres de neige tombés en deux jours sur zone. C’était sans compter sur les réseaux sociaux qui eux aussi se sont emparés du sujet.

Tout le monde se plaint et rit des services de voirie vraiment incompétents au point qu’ « à chaque fois c’est la même pagaille ».

Enfin, la neige restera toujours la neige. Elle fait glisser, elle glace et elle oblige à ralentir, ce qui crée, devinez quoi … des bouchons.

N’étant pas analyste dans le domaine de la circulation et plus spécifiquement des pneus, je ne connais pas le pourcentage d’automobilistes franciliens (ou des alentours) équipés pour braver la neige, mais j’imagine que le chiffre est moins élevé qu’en Savoie.

Moralité de l’histoire, pourquoi toujours tout critiquer ? On pourrait choisir de se détendre, car c’est la vie et que la vie ça réserve parfois des surprises dont on se serait bien passé.

Si les routes sont engorgées parce que beaucoup ont besoin de prendre leur voiture. Allons chercher un début d’explication …

Domicile-travail : des lieux de plus en plus éloignés

Au fond, qu’est-ce qui nous turlupine tous ? C’est de voir la pauvre Isabelle ou le pauvre Bruno qui ont mis 4 heures pour faire 10 kilomètres.

Isabelle et Bruno ont en fait « de la chance », car le naufragé de la route qui est juste devant eux habite lui à Chartres. Tous les jours, il vient travailler à Montrouge en voiture depuis chez lui.

J’invente des prénoms et des situations, mais au fond je ne suis pas éloignée tant que ça de certaines réalités. Qui n’a pas déjà regardé un « Capital » consacré à ces personnes qui viennent de Chartres, Amiens, Reims ou Fontainebleau travailler à Paris tous les jours ?

Ils font pâlir d’envie les parisiens avec leurs maisons de 200 m2 en plein centre-ville de leur bourgade provinciale d’adoption. Mais ces rythmes de vie ont un prix !

Un jour de neige, cela est encore plus visible.

Tous ces naufragés sont les victimes d’une société qui ne tourne plus très rond, ou d’un manque de courage qui les pousserait à faire différemment.

Les images d‘automobilistes qui vivent de longs trajets quotidiens m’ont fait réfléchir. Vous aussi ?

UN manteau de neige pour maison

Derrière ces problèmes de « riches », j’ai aussi vu la réalité du monde encore une fois me tomber sur le coin du nez. Un peu comme une boule de neige toute glacée que l’on reçoit au moment où l’on ne s’y attend pas et qui vous fait un mal de chien.

Mardi soir, je regagnai petit pas après petit pas la station de métro la plus proche pour rentrer chez moi complètement transpercée par le froid ; quand j’ai vu, dans l’entrebâillement d’une porte, un monticule de couvertures où devait dormir une personne. A 20 centimètres de la neige.

La maison de cette personne ? Le palier d’un immeuble haussmannien qui n’a d’accueillant que son architecture  – quand on a le temps et la vie qui nous permettent de l’apprécier.

La neige n’est pas tendre avec les automobilistes. Mais que dire de ce manteau blanc qui tombe sur les laissés pour compte ! Au lieu de réchauffer, il refroidit encore une atmosphère déjà dure à supporter. Il fait déguerpir ceux dont l’aide au quotidien est précieuse.

Un manteau de froideur et de solitude. Un manteau qui au lieu de protéger, rend encore plus vulnérable.

Ce qui me choque et me peine déjà d’habitude, devient de plus en plus insupportable à voir. La richesse côtoyant la pauvreté et l’inhumanité dans une hypocrisie totale. Les polémiques autour de l’argent et des mauvaises dépenses de l’Etat, des entreprises ou autres, sont une honte quand on pose ne serait-ce que le regard sur nos trottoirs …

Je rejoins l’insurrection de la bonté lancée par l’Abbé Pierre il y a 64 ans. Car si beaucoup de choses ont été faites, l’hypocrisie a bien tendance à s’accentuer.

Vidéo de l’appel de l’Abbé Pierre à l’hiver 1954

Loin de moi l’idée de vouloir casser l’ambiance, mais j’avais envie de parler de ces sujets qui me sont venus en tête au moment de l’arrivée de cette neige.

Voici pour finir quelques petites photos de Paris en blanc, prises avec mon vieil iPhone. La ville est si belle comme cela !

A tout vite ! Oui oui, je reviens très vite sur le blog ! 😉

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