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Trajectoires

Mathieu : son engagement politique l’a mené à être candidat à la députation !

Comme vous commencez à le voir au fil de mes articles, je suis en périple à travers la France, à la rencontre des français qui veulent bien engager la conversation, mais aussi de ceux qui mettent leur énergie au service des autres, de la Terre, de notre pays, etc.
J’ai croisé durant ma première halte à Lyon, Mathieu, -un jeune trentenaire- que l’engagement politique a conduit à se présenter aux élections législatives.
Alors que beaucoup accusent la jeunesse – Génération Y voire Z, d’être fainéante, centrée sur elle-même, arrogante, peu serviable (et j’en passe !), je trouvais intéressant de lui poser quelques questions afin qu’il puisse nous éclairer quant à ce qui le motive dans son engagement politique. Car se présenter aux législatives, ce n’est pas rien, ni sans conséquences !
Très gentiment, il a accepté de figurer dans la rubrique « Trajectoires » du blog. Avec ses convictions et sa personnalité, il a répondu à mes questions. Voici le résultat de notre entretien !
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TC : Quand on a 30 ans, une vie bien remplie, un boulot épanouissant, des amis, … Pourquoi on décide un jour de se présenter aux élections législatives ?
M. : Effectivement, vous avez raison une vie épanouissante n’incite pas naturellement à se lancer dans ce type d’aventure électorale. Cependant, j’ai toujours été sensible à la chose publique, à m’intéresser à la vie de la cité, au débat et à la confrontation des idées.  Au fil du temps, mes convictions ne m’ont pas lâché j’ai toujours essayé d’apporter des éléments concrets dans le respect des idées de chacun(e).
 » Se mettre au service est la base d’un engagement politique « 
Prendre la décision de se présenter à ces élections législatives, n’a pas été facile tant les risques étaient importants. Être candidat, c’est assumer ses convictions qui font ce que l’on est, on passe de l’ombre à la lumière ! Selon l’adage 30 ans serait l’âge de raison, il était peut être temps pour moi après des années d’engagements dans l’ombre de proposer ouvertement un projet fidèle à mes convictions aux électeurs.
D’ailleurs je suis fier d’être resté fidèle celles-ci. « La vraie valeur d’un homme réside, non dans ce qu’il a, mais dans ce qu’il est » nous dit Oscar Wilde. Je me reconnais bien volontiers dans cette formule, on ne
naît pas politique, on naît homme avec nos qualités et défauts.
Nos valeurs peuvent bien souvent se rejoindre avec nos opposants, mais devons-nous y voir le mal incarné ? Non je ne le crois pas ! L’erreur de ce monde, est de croire que pour progresser il faut être une girouette, blanc le matin et noir le soir. J’ai de la colère face à ce type d’attitude. A contrario, j’ai du respect pour les gens cohérents avec leurs valeurs.
 
Je n’ai eu de cesse de me tenir à ces trois mots que sont Fidélité, responsabilité et engagement qui déterminent le sens de mon action politique.
TC : Seulement une histoire de convictions et de valeurs ?
M. : Non pas seulement, comment ne pas toucher son intime dans cet engagement ? Etant croyant et pratiquant, j’essaie de répondre à la vocation de chrétien dans le monde. Pleinement engagé et à l’aise dans notre société, je réponds à l’appel des différents papes, à la suite de nombreux chrétiens, je m’investis pour la justice et le bien commun. Mon engagement y prend tout son sens.
« Je m’interdis de regarder les trains passés, sans rien faire. »
Le pape François nous montre le chemin à suivre par l’action. Je suis saisi par sa manière de vivre et je n’y suis pas insensible : une vie simple dénuée de tout bien.
Si chacun s’engageait dans cet état d’esprit, c’est-à-dire viser le bien commun, nous serions alors nourris d’un véritable débat démocratique dans notre pays.
TC : En allant au contact du peuple depuis le début de vos  années de militantisme jusqu’à aujourd’hui à l’occasion d’une élection législative dans la France de 2017, qu’apprend-t’on de la vie et des gens ? D’autant plus dans une ville fracturée socialement  et économiquement …
M. : Durant cette campagne, j’ai constaté que beaucoup de nos concitoyens sont isolés, et ressentent un immense besoin de communiquer. De l’autre côté, je me suis aperçu qu’il régnait une certaine forme de désintérêt de la chose politique. Nous n’intéressons plus le citoyen lambda, car trop déçu des promesses jamais réalisées par le passé.
Je tire la conclusion suivante : tout est à reconstruire, peu importe la couleur politique du gouvernement et ce qu’il promettra. Notre société est malade de maux profonds. Le défi à relever est immense, car il s’agit pour nous de reprendre le pouvoir de notre destinée.
TC : Porter haut et fort ses convictions, une forme de courage quelque part …
M. : Surtout une question de volonté et de détermination.  Le courage est réservé à ceux et celles qui combattent pour notre liberté, et ceux bravant les persécutions pour vivre leur foi ou rejoindre leur idéal de vie.
TC : Un souvenir marquant de campagne.
M. : Une équipe modeste soudée et unie, avec un esprit de franche camaraderie !
TC : La jeunesse est attendue au tournant dans de nombreux domaines. En politique et ailleurs ! Les qualités du politique vont-elles évoluer avec l’arrivée des nouvelles générations ?
M. : Je ne pense pas que la politique doit se caler à l’évolution de notre société. Je pense que nous devons rester fidèles à nos convictions qui mènent notre action politique. Sinon c’est la girouette assurée ! Chacun(e) d’entre nous avons des qualités, il ne s’agit pas de politique, mais de rapports humains. L’Homme a su créer d’immenses conflits  mondiaux !
« A mon sens la qualité principale du politique doit être la recherche du bien commun pour la paix dans notre monde. »
Ces vains mots prêtent à sourire,  mais tant de conflits résident encore dans notre monde, tant de vies se meurent à cause d’eux. C’est à nos politiques d’y apporter des réponses claires et désintéressées pour que notre monde évolue en paix.
TC : Quelles sont-elles ?
M. : Comme je vous l’ai dit, la recherche du bien commun me semble tout à fait appropriée à notre monde. Notre monde se fracture de plus en plus entre les pauvres et les riches, il faut renverser la vapeur. Avoir une attention toute particulière aux pauvres, tout en ayant une attitude responsable.
TC : Quand on veut accéder au pouvoir, doit-on forcément se compromettre ? Ou ne sont-ils pas « tous pourris » ?
M. : Par votre question, vous contribuez inconsciemment à faire vivre le « tous pourris ».
J’ai rencontré durant mes années d’engagements de nombreux élus locaux et nationaux honorables et respectueux des règles communes.  On parle toujours de ceux ayant enfreins la loi et que faisons-nous de tous ces élus respectant la loi ?
TC : Pouvez-vous citer une phrase que vous affectionnez ?
M. : Permettez-moi d’en citer deux : « Le vrai patriote s’inquiète, non du poste qu’il doit occuper dans la patrie, mais du rang que la patrie doit atteindre parmi les nations. » & « Le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. »
TC : Quel est le plat préféré que vous cuisinait votre grand-mère ?
M. : Le sauté de veau à la tomate, fondant et savoureux et le gratin de pâtes !
TC : Vous me donnez l’eau à la bouche !

 

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Mathieu fait partie de ceux qui prennent la parole, loin de craindre les « qu’en dira t’on » ! Il a beau refuser de parler de courage, mais entrer dans l’arène politique me paraît quand même relever de cela. Car la violence est très présente et les amis si rares. Les récentes élections nous ont bien montré à quel point rien n’est jamais joué et que porter des idées, réunir autour de soi et mener une campagne sont des « combats » de longue haleine.

Malgré tout, notre pays a besoin de sa jeunesse ! C’est elle qui vivra demain, qui sent avec puissance les changements de notre société en regardant ses parents et grand-parents. Bref, prenons la parole !

 

 

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