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En chemin Périple

Une famille de passionnés à l’Abbaye d’Oigny !

Le deuxième week-end de juillet, j’arrivai à l’Abbaye d’Oigny pour y découvrir le projet d’une famille devenue propriétaire récemment.

Située en Bourgogne, à une cinquantaine de kilomètres au Nord de Dijon, cette Abbaye laissée pour compte durant plusieurs décennies commence à retrouver un aspect digne de son rang !

Mais avant de vous parler de mon passage à l’Abbaye à proprement parler, retour sur mon arrivée …

L’arrivée en un temps record !

Partie du Sud de la Côte d’Or, je suis descendue du train à la gare de « Les Laumes – Alésia » avec l’idée de trouver des conducteurs sur le chemin pour arriver à destination …

N’ayant pas fait de stop depuis quelque temps, je n’étais pas complètement rassurée. Un grand merci aux deux aimables conductrices qui m’ont permis d’arriver sur place en un temps record !

Car oui, à peine sortie des Laumes sous un soleil de plomb, je n’avais pas encore tendu le bras ni levé le pouce, qu’une automobiliste m’ayant aperçue en passant est revenue sur ses pas afin de me proposer de m’avancer. Quelle gentillesse ! Les quelques kilomètres passés ensemble m’ont permis de mesurer à quel point la campagne a besoin de jeunesse et de projets ambitieux qui participeront à son réveil.
C’est ensuite Dominique, une presque quinquagénaire avenante et souriante qui m’a conduit jusqu’à l’Abbaye. Emballée par le projet de rénovation, elle s’est promis de suivre les travaux et de revenir !
Si vous me lisez, merci à vous deux pour votre coup de pouce !

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Une vue du ciel sur l’ensemble de l’Abbaye d’Oigny (Crédits : Page Facebook de l’Abbaye)

Arrivée à Oigny, j’ai été accueillie par la famille Korobetski presque au complet. Sylvain avec qui j’avais correspondu pour préparer ma venue, Sigfrid son petit frère ainsi que Serge et Sylviane les parents. Ne manquait que le grand-frère qui suit de près le projet.

L’histoire de l’Abbaye

L’Abbaye d’Oigny a été fondée au début du millénaire précédent au fond d’une petite « vallée » où coule la Seine, au niveau de ce qui est aujourd’hui un petit hameau appelé « Les Granges d’Oigny ».

C’est un vaste bâtiment qui a évolué avec ses occupants, au fil des siècles et des époques.

Depuis le 19ème siècle, ce dernier a subi de nombreuses modifications afin d’être habité par la famille des précédents propriétaires qui en avait fait sa résidence secondaire.
A la fin du 20ème siècle, l’Abbaye a été « découpée » en lots à la suite d’une succession.

La famille que j’ai rencontrée est donc propriétaire d’une partie de l’Abbaye qui comprend une grosse partie du jardin, la majorité de l’aile où se trouvaient les cellules des moines ainsi qu’une partie de l’aile donnant sur le jardin où se promenaient les moines (celui dont je parle au-dessus justement), une grande partie de la forêt attenante, un morceau de la Seine et d’autres terrains alentours.

L’état des lieux

C’est à la fin du mois d’avril dernier que les Korobetski ont pu investir les lieux. Dès le premier week-end sur place, chacun a pris part au défrichage des extérieurs, première étape de la rénovation de l’Abbaye. Les arbres et les herbes ont eu tout le loisir d’envahir les lieux depuis quelques décennies, la tâche était donc immense …

 Quelques endroits du jardin après le défrichage

Un état des lieux de la forêt est en cours afin de couper les arbres menaçants ou ceux qui sont déjà tombés, ce qui permettra de redonner vie à cet écosystème préservé.

Les canalisations amenant l’eau de la source aux points d’eau étaient aussi bouchées par le calcaire, la remise en eau a été fastidieuse. Elle date de quelques jours seulement !

Sylvain et Sigfrid qui restent sur place la majeure partie du temps, ont reçu peu avant ma halte, la visite des monuments historiques et autres professionnels du patrimoine. Un professeur passionné leur a également apporté des éléments sur l’Abbaye.
Ils prévoient de faire venir un architecte des monuments historiques pour éclaircir quelques zones d’ombres issues de la disposition des bâtiments.

Enfin, la famille découvre petit à petit les derniers objets restés à l’intérieur du bâtiment. Ceux-ci sont une marque de l’histoire de ceux qui l’ont précédée à Oigny. Chacun s’y intéresse comme pour mieux s’approprier ce patrimoine.

Des rouleaux de tapisserie non utilisés qui ont traversé les décennies aux malles d’époque ainsi qu’au mobilier entassé. Autant de traces de la vie à Oigny durant le siècle dernier !

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Un exemple de tapisserie d’époque …

Immersion dans un projet familial

Vous l’aurez compris, ces passionnés du patrimoine n’entendent reculer devant aucune difficulté. Ni les arbres tombés sur les pentes escarpées de la forêt, ni la nécessaire adaptation des bâtiments aux conditions de vie de notre temps, n’ont raison de leur volonté. 

Jardin arboré, recoins botaniques, promenades sur le domaine à la découverte des espèces végétales avec passage par le belvédère (construit par les moines) et enfin chambres d’hôtes, les projets mûrissent !

Les bâtiments à restaurer, la fontaine remise en eau, le pont défriché où coule la Seine, la vue sur le jardin depuis une pièce de l’Abbaye …

Pour l’anecdote, ils ont appris grâce à un spécialiste, que de belles et rares espèces de plantes se nichent en forêt ou dans le jardin. Cela promet !

Le week-end de ma venue, j’ai aidé à la reconstruction, à l’ancienne (cela va s’en dire !), d’un mur en pierres qui s’était écroulé. Il a fallu défricher, enlever ronces, lierre et mousse puis reposer pierre après pierre.

Le mur à remonter selon la méthode ancienne …

Pour découvrir et suivre le projet, vous avez plusieurs possibilités : 

[A Oigny, il n’y a pas encore internet ! Sylvain qui s’occupe de la communication essaye donc avec les moyens du bord de partager l’avancée des travaux à l’Abbaye]

Le site

La page Facebook

J’ai été ravie de venir à la rencontre de cette famille de passionnés qui se lance avec beaucoup de volonté et d’entrain dans une vaste période de rénovation et d’aménagement de ce patrimoine à préserver.

La tâche est immense, mais elle est belle ! Et l’unité familiale qui semble régner ne pourra qu’être un atout pour une si difficile entreprise !

Je leur souhaite un bel été de rénovation (pour commencer !) et reviendrai avec plaisir les voir dès que mes pas me porteront de nouveau en Bourgogne.

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