Créateurs Les faiseurs

Suivez les fleurs, au bout Eléonore M !

Lyon, Vieux Lyon, le 19 mai 2017.

On dit souvent qu’ « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Eléonore ou Eléonore M, je le pense, fait partie de ces âmes au talent fou, qui ont osé, bien avant de voir leur fraîcheur se faner !

Une jolie tignasse blonde, un univers poétique, un brin mystérieux. Une liberté affichée dans un univers composé de nature, de photographies, de fleurs séchées et de dessin.

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Elle me donne rendez-vous dans un lieu atypique du Vieux Lyon, mais les gérants travaillent sur un projet, il est donc fermé jusqu’au lendemain. Nous commençons à discuter en cherchant une autre halte. Rencontre.

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TC : Il y a un an, je découvrai un univers poétique, un peu rustique, qui nous plongeait à l’intérieur d’une chaumière. Bons petits plats, déco d’antan … Une promenade. Pourquoi interrompue ?

E. : Lorsque j’étais petite, je me promenais souvent avec mes parents et mes sœurs dans les prés et sur les chemins de Chartreuse où nous vivions. Il nous arrivait très souvent de nous arrêter sur des fleurs, ou de nous interrompre pour regarder un bel oiseau, une maison avec une grande cheminée …
Nous étions dans l’éloge de la simplicité, des bonheurs simples, des petites choses … Il y a quelque chose de dynamique dans la diversité de la nature, de changeant, un appel au voyage et en même temps d’enraciné. S’interrompre sur les choses essentielles. Être en prise avec les éléments, être dans la vie.

Une promenade interrompue en somme …

TC : D’où t’es venue cette envie de rêve, d’univers poétique, de créativité ? Qu’est ce qui t’a poussée, alors que tu es si jeune, à te lancer ?

E. : J’ai toujours été manuelle, avec une feuille et un crayon. Je montais dans les arbres, sautait dans la gadoue, vivais ! Mes parents nous (NB : ses deux sœurs et elle) ont éduquées dans la créativité, laissant notre imaginaire se développer. Petit à petit… Pour moi ce n’est pas un effort de créer, cela se fait de manière évidente.
J’ai toujours été dans des filières générales et plutôt intellectuelles à l’école (elle a suivi une prépa Khâgne) mais pour autant je ne suis pas qu’« intello et rat de bibliothèque ». J’ai besoin de bouger, de voyager, de faire des choses manuelles. J’ai donc quitté la prépa pour aller à la fac en patrimoine. Pour moi, se débrouiller, faire des choses nous-mêmes, être proche des autres est un aboutissement de l’éducation.

« Pour moi, se débrouiller, faire des choses nous-mêmes, être proche des autres est un aboutissement de l’éducation »

TC : Tu t’es lancée « réellement » il y a 4 mois. Comment ça se passe ? A quelles ressources as-tu fait appel pour y aller ?

E. : On m’a poussée à me lancer. Il y a quelques mois Amandine et Arnaud m’ont encouragée à sortir de cette bulle, d’Instagram et des autres réseaux sociaux pour passer plus au-devant de la scène et des gens. Ce n’est pas le fruit d’une ambition ou de quelque chose de réfléchi. Ça a donc été excitant, très stressant … Un vrai challenge ! J’ai eu 1 mois pour passer du statut de blogueuse à prestataire sur un festival … Je devais m’y rendre pour poser des questions et finalement on m’en a posées ! Tout ce que je fais part de l’instinct, c’est donc parfois bon et parfois mauvais. Je me culpabilisais parce que je n’avais pas les « techniques » pour réaliser mes créations. Je suis donc moins dans la performance que dans le plaisir de faire quelque chose qui me ressemble. Je ne suis sûrement pas aussi efficace (stress, nuits de fatigue, …), c’est imparfait, mais au fond c’est personnel. Et authentique.

[Parenthèse tout en douceur]

 

Un extrait du shooting réalisé par Eléonore à l’occasion de la fête des mamans 2017. Vous pouvez retrouver Anne-Sophie avec ses jolies petites Perline et Myrtille. Elles portent des couronnes de fleurs séchées réalisées par Eléonore <3

[FIN DE LA PARENTHèse tout en douceur]

 

Plus tard, je veux me dire que j’ai fait quelque chose qui me ressemblait !

« A quoi ça sert d’être comme les autres ? »

Je fais aussi appel à une autre ressource. Ma famille. Nous sommes tous des créatifs. Mes deux sœurs sont mes meilleures amies. Mon grand-père est éditeur et s’est fait « tout seul », ma mère peint, mes tantes aussi, … Et puis il y a mes amis.

TC : Quand je vais sur ton blog ou tes réseaux sociaux, je vois apparaître régulièrement les mots « folk », « boho », « romantic », « lifestyle », « style », « flowers », « design ». Tous ces mots peuvent-ils être associés ?

E. : J’utilise beaucoup de termes ! Boho faire référence à « bohème ». Un esprit indépendant, sur les routes. C’est aussi des inspirations musicales. Mes parents n’avaient pas de voiture quand nous étions enfant et c’est toujours le cas. Par choix et par convictions. Le sens du mot promenade prend donc un sens particulier pour moi, vous comprendrez ! (Sourires)

Marcher pieds-nus dans les champs, à danser, à se promener …

Folk pour le côté rustique, authentique. La musique folk Bob Dylan, … Cela me vient de mon père passionné de vinyls. On les écoutait dans l’herbe, les yeux fermés. Sauvage, mystique, vagabonde sont aussi des mots que j’emploie souvent.

Le design enfin pour le côté futuriste. J’aime beaucoup mêler le moderne à l’ancien. Des fleurs avec en même temps des choses très épurées.

Retrouvez un autre shooting d’Eléonore M, « les ailes du désir » dans un esprit épuré, relevé grâce à ses jolies couronnes !

TC : La mouvance « green », qu’en penses-tu ? Un défi que nous avons à relever ?

E. : Je ne parlerais jamais d’amour des arbres, des champs, si je n’aimais pas la nature. Le « green », « l’écolo », c’est celui qui aime la nature. Pas forcément quelqu’un qui s’est engagé en politique. On ne pourra pas passer radicalement à une vie en autarcie. Il faut un changement global des mentalités. Une évolution petit à petit. Je suis sensible aux projets locaux, au travail des petits producteurs.

L’amour des belles choses et des bonnes choses, tout est lié à l’amour de la nature. J’aime la nature donc je la respecte, je la photographie, et je fais des choix quotidiens dans ce sens.

TC : Je suis impressionnée par l’importance que tu accordes au « fait-main » …

E. : C’est nécessaire pour moi ! Une expression, un épanouissement, de la détente. On se reconnait dans ce que l’on a construit. J’aime moi-même avoir des choses faites par les autres. Quand je fais quelque chose, je pense à celui qui va recevoir l’objet.

« C’est imparfait, mais vivant ! »

[Parenthèse tout en douceur]

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Un dessin réalisé par Eléonore M

[FIN DE LA PARENTHèse tout en douceur]

 

Comme un guide, une route à suivre, Eléonore se rappelle du message que lui ont fait passer ses parents, artistes eux aussi. Elle me dira donc : « J’ai envie d’être libre. Mes parents m’ont fait passer ce message ».

 

Je ne m’étais donc pas trompée : Eléonore a un talent fou, une manière d’en parler qui passionne, qui donne envie de rentrer dans son univers. La liberté y est une valeur maîtresse !

 Eléonore, j’ai été plus que ravie de pouvoir échanger si longuement avec toi sur nos projets respectifs, sur tes créations, tes rencontres, tes envies, ton univers et la Vie, tout simplement.

Je te souhaite de persévérer dans ce chemin de la création et de l’entrepreneuriat qui ne sont pas si faciles. Et puis, de rester si fraîche, si abordable, si simple et lucide.

Pour suivre Eléonore, vous avez plusieurs possibilités, et ça c’est vraiment chouette ! :

Son site

Son compte Instagram (une petite merveille) : @eleonore__m

Sa page Faceboook

Son adresse mail pour toute demande : lapromendadeinterrompue@gmail.com

[pour laisser s’envoler vos pensées, une dernière réalisation signée eléonore m pour la naissance d’une petite jacobée]

 

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