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Jean-Marie : de la ville au fournil !

La campagne frétille depuis quelques années ! De nombreux citadins lassés de la ville ou de leurs conditions de vie parfois difficiles dans les agglomérations, décident de tout quitter pour entamer un nouveau chapitre en milieu rural.

Jean-Marie Quignard est un homme souriant et accueillant. À 8 heures du matin ce jeudi 6 juillet, cela fait déjà 2 heures qu’il travaille dans le fournil (De mon côté, je n’ai pas réussi à me lever à l’heure !). C’est la reprise, il faut retrouver le rythme soutenu de la vie du fournil d’Antigny. La chaleur étouffante qui s’annonce a de quoi effrayer. Mais il est passionné ! Il me dira même que le mauvais temps dans les Alpes suisses où il vient de passer des vacances avec sa femme et ses deux jeunes enfants, lui donnait envie de rentrer travailler au fournil.

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Le germe du projet

Son projet d’une activité de boulanger artisanal en bio a mûri pendant quelques années alors qu’il était installé dans l’Isère avec sa femme, exploitante dans un GAEC.

Cet ancien boucher dégoûté de son travail en grande surface a été un temps berger, chaudronnier, et s’est formé à d’autres métiers sur le tas. Un touche à tout à qui la Bourgogne manquait … Et s’il aménageait en fournil l’ancienne grange de son grand-père bourguignon, puis profitait du hangar situé à proximité pour y construire sa maison avec des matériaux naturels ? Drôle d’idée lui disaient les habitants du village ainsi que sa famille, tous interloqués par l’arrivée de ces habitants d’un genre nouveau !

Déjouer les pronostics

Voilà 6 ans que Jean-Marie, soutenu par sa femme dans son entreprise déjoue les pronostics. Quand il s’est installé, pas grand monde dans le coin ne donnait cher de sa peau. Lui n’était pas satisfait de ses recettes (qu’il a rodées pendant 2 ans environ), pendant que ses premiers clients le remerciaient. Il a également fallu se faire une place sur les marchés, un graal bien difficile à obtenir parfois. Aujourd’hui c’est même l’inverse, un maire affolé l’a récemment appelé pour qu’il continue à venir au marché du village !

Mais au final, l’aventure est belle et le projet a décollé. Au point que Jean-Marie espère même qu’un autre boulanger comme lui va venir s’installer afin de travailler en bonne intelligence pour satisfaire la clientèle qui grossit de mois en mois.

Si vous passez dans le coin d’Arnay-le-Duc, n’hésitez pas à passer au fournil d’Antigny(-la-Ville) ! Vous y serez bien accueillis et les saveurs retrouvées vous feront oublier les 5km de détour !

La dynamique est lancée

Et puis, il y a eu l’installation d’un maraîcher bio il y a 1 an et demi. Quand il a appris cette installation, ni une ni deux, Jean-Marie a contacté ce nouvel arrivant.
Ensemble ils ont monté un marché bio devant la grange du maraîcher. Tous les jeudis, à une dizaine de kilomètres d’Arnay-le-Duc, les gens se pressent pour récupérer leur panier de légumes, acheter leur pain au levain, leur fromage et des tisanes.
Car oui, d’autres jeunes couples se sont installés depuis et les projets vont bon train.

La campagne se dynamise au grand bonheur des habitants qui se pressent pour consommer des produits sains et locaux !

Un projet de vie

Venir ou revenir s’installer à la campagne est aujourd’hui un vrai choix de vie, loin de la facilité. Il faut tout d’abord une idée ! A la base de tout, elle va permettre de bâtir un projet. Que ce soit à titre professionnel ou pour y vivre, le changement est radical.

Le calme donne une liberté inégalée … Je me suis aperçue que c’est souvent l’envie ou le besoin de liberté qui pousse les gens (de la ville) à s’installer à la campagne.
Ils peuvent travailler des produits sains s’ils le souhaitent et s’organiser différemment.
Jean-Marie est revenu à la campagne avec sa famille et son projet, dans l’objectif d’y vendre lui-même sur les marchés ses pains et brioches « bio ». Du lien s’est tissé avec sa clientèle qu’il a appris à connaître !

Et puis, malgré des horaires chargés, la vie est douce. Elle oscille entre potagers, fournil et marchés. Dans une maison à la chaux, où les panneaux solaires alimentent le four qui permet de dorer -exemple pris au hasard !- un bon gâteau au chocolat-courgettes ! Ne faites pas cette mine-là, c’est délicieux !

Mon œil de citadine préoccupée par la campagne et la ruralité, ne peut qu’être époustouflée par ce qu’il se passe dans notre pays. J’ai senti une dynamique en Bourgogne, et sais d’avance que partout des projets poussent ! Déjouant les pronostics et les qu’en dira-t’on, des jeunes s’installent et se bougent pour cultiver et fabriquer des produits de qualité, tout en trouvant un équilibre de vie familiale sain. Ils endiguent –c’est encore trop peu mais soyons patients- la désertification des campagnes et son endormissement grâce à leurs projets ingénieux qui touchent aux défis de notre société. Produire sainement, vendre en circuits courts, remettre du lien, etc …

Je tiens à remercier chaleureusement Jean-Marie qui m’a laissé façonner des pains au levain alors que je n’avais pas encore le coup de poignet !

Bravo pour la dynamique que vous lancez dans des petits villages qui ont tant besoin de renouveau !

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