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En chemin Périple

À la découverte d’une communauté Emmaüs de campagne.

Bientôt une semaine que le périple Trotte cocotte a commencé et déjà de belles découvertes et surprises « au compteur de l’aventure » !

L’occasion pour moi de vous parler de ma rencontre avec les membres d’une communauté rurale Emmaüs située en Bourgogne.

Une communauté de campagne !

Cette communauté a pour moi une place toute particulière car elle ne m’était pas totalement inconnue. Et je vais vous dire pourquoi j’ai souhaité aller à la rencontre de cette communauté dès le début du périple. Il s’avère que la maison de famille dans laquelle j’ai plaisir à aller dès que je le peux –et où j’ai tenu à débuter l’aventure-, se situe à quelques kilomètres de cette communauté.

C’est dans une vieille grange aménagée au fil du temps que se tiennent 3 fois par semaine les ventes.

En bons curieux et amoureux des vieux objets, le rendez-vous Emmaüs du mercredi ou du samedi a toujours fait partie de nos petites habitudes de vacances. Arrivée sur place, chacun allait à sa « case » préférée. Outils, vaisselle, fripes, jeux pour enfants, mobilier, librairie … les objets ne manquaient pas !

Nous ramenions nos tickets à papa qui nous demandait ce que nous voulions acheter. Un coup de vieux livres de Lafontaine ou Racine, l’autre des tasses, des jeux ou enfin des bijoux !

Les compagnons

Ce qui me frappait en tant que gamine à l’époque, c’était l’âge des compagnons. Je les trouvais d’un âge et leurs « gueules cassées » me faisait, je l’avoue, parfois un peu peur.

Mais ils étaient gentils quand j’arrivais toute intimidée avec mes 3 romans et qu’ils fixaient les prix.

Je sentais une vraie humanité en eux …

S’EQUIPER chez Emmaüs, une démarche triplement engagée

Je suis maintenant adulte et je fais le choix de continuer à acheter tout un tas d’objets chez Emmaüs malgré les moqueries de certaines personnes. « C’est dégueu », « c’est foutu », … et j’en passe !

-Quand nous allons chez Emmaüs, nous achetons des objets qui ont été récupérés, triés, parfois réparés par des personnes qui, suite à un accident de la vie, ont atterri dans une communauté. Cette dernière en plus de leur donner le gîte et le couvert, leur permet de travailler.
Elles retrouvent ainsi un rythme de vie indispensable à l’équilibre de tout humain.

-Nous participons au recyclage. Nous le savons tous, notre rapport aux objets est devenu en l’espace de quelques décennies très étonnant. On achète, on garde un temps réduit, puis on jette alors même que l’objet est encore utilisable.
Du durable, nous sommes passés au tout jetable (Un article sur le sujet ne serait d’ailleurs pas de trop !).
Aller chez Emmaüs c’est donner une seconde vie à un objet qui n’est pas cassé et qui peut donc encore être très utile. Ca tombe bien car les ressources de la terre ne sont pas inépuisables !

-Et puis, après avoir donné du travail à des gens, évité les déchets et donné par là-même une seconde vie aux objets, c’est notre porte-monnaie qui nous remercie.
Car oui, s’équiper chez Emmaüs permet de faire des économies !

Ma visite aux compagnes et compagnons d’emmaus

Pleine d’entrain, j’ai passé un coup de fil à la communauté la semaine précédant mon arrivée en Bourgogne. J’ai expliqué à un compagnon très aimable que je serais ravie de prendre un peu de temps pour venir à leur rencontre afin de mieux les connaître.

J’ai choisi d’aller à la rencontre, je suis donc sensible aux projets associatifs qui portent sur l’humain !

Le responsable de la communauté étant en formation, j’ai donc rappelé le mercredi suivant. Quelques explications sur mon projet plus tard, il me propose de venir au moins 2 semaines sur place. Je lui explique que je n’en ai pas le temps aujourd’hui, mais demain, qui sait … !

Il a un petit temps à me consacrer à la fin de la vente de l’après-midi, je me réjouis de ma venue !

La communauté, mercredi 5 juillet, 16h15.
Me voici arrivée sur place accueillie par J., qui seconde un compagnon à la caisse. Nous commençons à discuter puis nous dirigeons dans son bureau situé à côté pour nous asseoir. Dans le bureau se trouve T., l’assistante sociale.

Après m’avoir parlé du mode de fonctionnement de la communauté et des compagnons, nous parlons ensuite des projets en cours (la grange principale où se déroulent les ventes est en rénovation depuis la fin de l’hiver).

Chaque compagne ou compagnon est accueilli sans condition à partir du moment où il sollicite la communauté. Certains partent sans rien dire puis reviennent.

En fonction de leurs compétences et de leurs souhaits, ils sont accompagnés dans leur démarche de réinsertion. Mais avant tout cela, ils bénéficient d’un cadre sécurisant et rythmé. Par le travail qu’ils effectuent, ils mettent à profit ce qu’ils savent déjà et peuvent acquérir de nouveaux savoirs-faire.

J. doit s’absenter pour s’occuper des ruches avec un vieux Monsieur passionné d’apiculture qui vient le former. T. en profite pour clôturer la vente car il est 17H passé.
De mon côté, je me rends dans la pièce commune de la communauté où les compagnons dégustent les crêpes cuisinées par C. Les discussions vont bon train sur la vente de l’après-midi et la conversation s’engage.
K et C. en particulier s’interrogent sur ma présence, je leur parle donc de mon périple et de ma joie de pouvoir les rencontrer. Ils sont étonnés et commencent à me raconter leur quotidien ici.

Je sens aussi les frictions qui existent entre certains.
Pas facile de vivre en communauté quand on approche de la retraite me diront Toto et B qui sont « tombés amoureux au premier regard » il y a 10 ans le jour où Toto est arrivé. À voir leurs regards, j’ai senti qu’ils étaient heureux malgré les difficultés.

La dîner approche, le cuistot en chef de file m’invite à leur table. Touchée par un tel accueil et une telle générosité, j’accepte avec grand plaisir. Je rencontre alors d’autres compagnons qui logent sur place mais travaillent ailleurs. Certains me racontent leur vie d’avant, leur quotidien et leurs espoirs.

J’ai passé un excellent moment à leurs côtés et regrette de n’avoir pu rester plus longtemps. Des personnes écorchées par la vie qui sont accueillies et aidées avec bienveillance pour rebondir ! Je sens que se jouent chez Emmaüs, des projets qui font avancer notre société dans le bon sens.

Je souhaite à chaque personne rencontrée de trouver au sein de la communauté le ressort et les perspectives qui lui permettront d’envisager un futur plus radieux. Merci pour votre accueil, votre générosité et ces paroles échangées. Elles m’ont confirmé que même dans les situations difficiles, rien n’est perdu. La lumière est dans chaque passage de la vie, à condition de bien vouloir la laisser entrer !
Une belle leçon d’humanité que je vous souhaite de vivre !

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